BELVAL
AUDREY SOMNARD

La Journée internationale des droits des femmes a été placée sous le thème «Lëtz go equal in digital»

Le monde des nouvelles technologies et des start-up est encore très masculin. Alors que les entreprises peinent à dénicher des talents dans le domaine de l’informatique et de l’innovation en général, les femmes actives dans le numérique sont pourtant peu nombreuses. C’est un manque à gagner pour les entreprises et cela crée des conséquences concrètes sur le plan économique. La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Taina Bofferding, a expliqué hier lors d’un déplacement à Belval pour rencontrer des jeunes filles, que l’encouragement des filles et des femmes dans le numérique permet de thématiser l’aspect multidimensionnel de l’égalité: «Le sujet du numérique est lié aux politiques de l’emploi, de l’éducation et de l’enseignement supérieur et rejoint les objectifs formulés pour surmonter les stéréotypes. Il s’agit de déconstruire les clichés, préjugés et stéréotypes qui sont un frein dans les choix académiques et professionnels».

Tout au long de la journée, des élèves du lycée Belval ont découvert les activités et le quotidien de représentants du monde académique et d’entreprises. Un panel de discussion a rassemblé les responsables des start-up, à majorité des femmes, Checkmath, Food4all, Mattrvest, Sumy et WEO pour discuter de leurs propres expériences et des opportunités dans le secteur pour les jeunes et les jeunes filles en particulier.

Barrières sociétales et culturelles

La ministre a souligné que «malgré une légère progression par rapport à l’année 2010, je constate qu’en 2018 seulement 14,5% des emplois dans le numérique sont occupés par des femmes. Les postes de direction affichent un taux de 9,8%. Ces taux sont légèrement meilleurs pour les techniciennes dans le domaine des TIC mais aussi dans le domaine des télécommunications où les taux oscillent autour de 18 à 21%. Au vu de ces chiffres, je constate que nous sommes encore loin d’une égalité entre les sexes dans ce secteur».

Les besoins sont là, il est donc important que les jeunes filles se dirigent vers ce type de carrière, même si les barrières, d’ordre sociétales, culturelles ou autres persistent. «ll nous faut analyser, discuter et changer les facteurs qui mènent à un décalage. Les stéréotypes liés au sexe, surtout en rapport avec les choix académique et professionnel, en sont certainement une raison», poursuit ainsi Taina Bofferding. «Si nous continuons à fragmenter les professions dans des catégories “féminines” et “masculines”, les jeunes risquent d’être influencés par ces stéréotypes et ne pas faire de leurs véritables passions et vocations leur métier».

Taina Bofferding a également remercié les responsables de WIDE, du Lycée Belval et des start-up et entreprises qui ont organisé l’événement et a conclu que la «journée a apporté la preuve que les filles et les femmes réussissent dans le secteur du digital et développent la même créativité que les hommes».