LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Cluster for Logistics a fait le point sur le secteur hier

Six ans après son lancement, le Cluster for Logistics entame un nouveau tournant avec l’arrivée d’un nouveau manager, Malik Zeniti. Aux commandes depuis le 1er mai, cet ingénieur chimiste de formation a derrière lui 25 ans d’expérience dans la vente et le marketing, en particulier au sein de l’entreprise DuPont. Il remplace Charles Gosselin qui garde un pied dans la structure puisqu’il siège désormais au conseil d’administration.

Actuellement, la logistique représente 4% de l’emploi total au Grand-Duché soit 13.000 postes, dont 7.000 rien que pour des chauffeurs. La logistique reste donc une affaire routière, où les dossiers ne manquent pas. Le 23 septembre ouvrira la tant attendue autoroute du Nord, qui va permettre de simplifier la vie des entreprises établies au nord du pays grâce à une liaison avec l’aéroport. Mais «il y aura de nouveaux points névralgiques qui vont se former et il est important que les autorités prennent cela en considération», pointe Malik Zeniti. Clairement, le fait que Luxembourg-ville ne dispose pas de contournement entier pose problème, au même titre que l’étroitesse des autoroutes. «Les trois voies un jour ne seront pas suffisantes», prévient le manager.

Les services avant tout

Le Cluster for Logistics entend positionner le Grand-Duché sur le terrain de la valeur ajoutée au niveau du service. À côté de la rapidité comme la possibilité de sortir des produits en deux heures de l’aéroport, le Luxembourg se distingue grâce à une certification totale sur le respect de la chaîne du froid et des services complémentaires. «CFL Multimodal préchauffe la gomme pour la fabrication des pneus Goodyear», détaille Charles Gosselin. Reste que le prix élevé des terrains est une réalité. «95% des biens transportés sont en transit et n’ont donc pas besoin de hangar», tempère l’ancien manager. Quant à l’interdiction des vols de nuit, «ça reste un frein mais les opérateurs prennent ceci en compte», ajoute Malik Zeniti. Clairement, le pays ne peut pas prétendre à accueillir des géants de la logistique comme FedEx, UPS ou TNT mais il peut tirer son épingle du jeu sur d’autres terrains.

Vers de nouvelles niches

Et avec un territoire étroit, l’«un des atouts à développer concerne la collaboration entre nos acteurs et celle-ci sera toujours au-delà de nos frontières», appuie Malik Zeniti. Autre souhait formulé, la simplification administrative.

Par exemple, les chevaux qui atterrissent au Findel doivent passer un contrôle vétérinaire et, évidemment, il convient qu’il se déroule le plus rapidement possible. «Le gouvernement et les acteurs doivent être en symbiose pour une bonne collaboration», plaide le nouveau manager.

Celui-ci se félicite déjà des avancées réalisées au niveau de la formation
puisqu’à la rentrée, les premiers techniciens de la logistique débuteront leur cursus au Luxembourg.

Se félicitant de la huitième place du Luxembourg au classement de la World Bank (soit devant la Suisse) en matière de logistique, le nouveau manager est clair: «Nos acteurs doivent faire quelque chose mieux ici qu’ailleurs». En tout cas, la centaine de membres du cluster avancent désormais dans la direction de l’innovation. «Il faut aller chercher de nouvelles niches, le Luxembourg a toujours su créer de nouvelles niches», rappelle le responsable.


www.clusterforlogistics.lu