LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Luxguard consent à un plan de maintien dans l’emploi, mais un plan social menace toujours

Après des semaines de négociations acharnées, l’OGBL a enfin obtenu de la direction de l’entreprise Guardian Luxguard II un plan de maintien dans l’emploi, ce qui permettra aux employés concernés par les suppressions de poste de se voir proposer d’autres solutions. Pour rappel, le groupe a annoncé il y a plusieurs mois la fusion des sites de Bascharage et de Dudelange, qui aurait pour conséquence la suppression de 201 postes sur les 453 que compte au total le groupe au Luxembourg. Si la direction aurait beaucoup aimé passer par la case plan social et en finir au plus vite, l’OGBL a dû faire intervenir le ministre du Travail Dan Kersch pour qu’il pèse de tout son poids sur les négociations: «Nous sommes allés voir le Ministre car nous sentions que la direction n’avait pas de volonté d’aller au-delà d’un plan social. Le directeur a même déclaré n’avoir que “survolé” la lettre du ministre Kersch, ce n’est pas respectueux! Il pensait que le plan social ne serait qu’une formalité, mais grâce à la pression politique, nous sommes arrivés à la signature d’un plan de maintien de l’emploi», explique Alain Rolling, secrétaire central adjoint à l’OGBL. 

Le PME prévoit que les employés proches de la retraite puissent bénéficier de mise en préretraite, soit une cinquantaine qui pourraient être concernés estime Alain Rolling, mais aussi de reclassements au sein du groupe, de prêts temporaires de main d’oeuvre, de recours au chômage partiel etc. Le délégué de l’OGBL espère que les administratifs pourraient être redéployés sur différents sites du groupe dans le pays, comme celui de Bertrange, ou encore l’entreprise John Zink à Dudelange qui appartient également au groupe. Ce dernier espère également que les autres sites industriels feront appel au prêt temporaire de main d’oeuvre: «Il y a beaucoup de savoir-faire qu’il serait dommage de perdre, d’autant qu’il existe des aides pour les compensations de salaires qui ne sont de toute façon pas si élevés comme chez ArcelorMittal, donc cela ne devrait pas être un problème».  

Si le PME est signé avec la direction, homologué par le ministre du Travail, cela n’éloigne pas pour autant la menace d’un plan social. Légalement, le PME ne garantit pas la sauvegarde des emplois. La direction de Guardian Luxguard II a pour le moment retardé son annonce de plan social initialement prévu le 1er septembre, mais l’accalmie pourrait être de courte durée: «Il semblerait que nous ayons un mois pour caser un maximum de gens», estime le délégué OGBL pour qui la situation actuelle n’est pas une surprise. «La crise du COVID-19 a bon dos, alors que l’usine de Pologne a doublé ses capacités, des investissements ont été faits au Royaume-Uni, en Hongrie, partout sauf au Luxembourg», ajoute ce dernier. Avec un four sur le site de Bascharage qui est en fin de vie, prévue pour 2022, le manque d’investissements était annonciateur de la situation actuelle: «Il n’y a plus de four à Dudelange, ils refusent d’investir à Bascharage alors que les installations et les outils sont vieillots. Pendant ce temps, l’argent est mis dans les sites de pays de l’Est qui coûtent moins cher en matière de production, même si l’on perd un savoir-faire précieux ici», regrette-t-il.