LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La pétillante coach Catharina Biver mise sur la force de son réseau

La jeune suédoise arrivée au Luxembourg en 1987 a fait beaucoup de chemin depuis. Catharina Biver met son expérience et son réseau à profit pour accompagner les employés dans le développement de leur carrière.

Tout n’est pas arrivé en un jour. Après avoir passé des années dans le milieu de la location de voitures, en tant que marketing & sales manager, Catharina Biver attend son premier enfant et souhaite changer de vie: «Je travaillais beaucoup, je ne comptais pas mes heures et j’aimais ça, mais j’ai voulu changer pour avoir un meilleur équilibre avec ma vie de famille», explique-t-elle.

Un ami lui propose alors de devenir indépendante en développant la branche luxembourgeoise de l’Institute for Business Technology, un programme de gestion du temps. Une activité qui l’occupe de 1995 à 2008, une transition finalement naturelle: «Mes deux parents sont aussi indépendants», précise-t-elle. A la naissance de sa deuxième fille, elle ne prend que six semaines de congé maternité, car elle n’a pas trop le choix, «quand on est indépendant, on est dépendant de ses clients», mais malgré tout, elle ne regrette pas la flexibilité que cela procure: «J’ai adapté mon emploi du temps, je travaillais la nuit quand mes filles étaient couchées. Je ne l’aurais d’ailleurs pas fait si je n’avais pas été passionnée», raconte-t-elle.

«C’était maintenant ou jamais»

Au début micro-entrepreneuse, elle développe la branche qui devient de plus en plus importante. Jusqu’à la crise de 2008. Avec des clients principalement dans les banques, son petit business périclite d’un coup en 2009: «J’ai perdu 75% de mon activité, les banques ne voulaient plus investir dans des formations, j’ai donc dû arrêter».

Mais rien ne l’abat, et au-delà des produits de formation, Catharina Biver veut désormais miser sur son expérience et sa personne: «Je me suis lancée, à 49 ans, en me disant que c’était maintenant ou jamais. J’ai démarré Sparx Factory au début avec un co-fondateur, nous ne misions pas à l’époque sur du coaching, mais de la formation. J’ai passé la certification de coaching en 2010, pour moi il s’agit d’un accompagnement pour arriver au but qu’on s’est fixé».

Elle organise des workshops, formations, du coaching pour les dirigeants qui se sentent parfois bien seuls: «Le vent souffle plus fort au sommet, ces dirigeants sont parfois vulnérables». Elle propose également aux grandes sociétés qui identifient les employés à fort potentiel de les accompagner jusqu’au sommet de la hiérarchie, ou alors des programmes de coaching. Toujours avec un naturel désarmant: «Ce que vous voyez, c’est ce que vous aurez! L’authenticité est la valeur la plus forte».

Aujourd’hui seule dans son aventure entrepreneuriale, elle est désormais tellement établie sur le marché luxembourgeois que les clients viennent à elle. «Je suis seule dans mon entreprise, c’est un choix que j’ai voulu faire, de ne pas trop grandir pour garder ma liberté et la maîtrise des choses. Mais je travaille en continu avec un gros réseau de coaches et de formateurs pour former des équipes selon les contrats».

Le secteur a bien changé en une décennie: «Avant on faisait intervenir les coaches quand il y avait un problème dans l’entreprise, maintenant c’est quand on veut que l’employé grandisse dans l’entreprise», explique-t-elle. Même si elle remarque que le plafond de verre auquel se heurtent les femmes n’est «pas qu’un problème de confiance en elles», elle indique que les hommes «ont aussi des doutes derrière les portes closes».

Elle participe cependant à une association qui fait la promotion des femmes dans les conseils d’administration, le «Female Board Pool», qui recense des femmes compétentes et prêtes à rejoindre un board: «Il y a beaucoup de travail à faire dans le domaine, mais on ne peut pas dire qu’on ne trouve pas de femmes, ce n’est pas vrai. Elles sont là mais les femmes doivent améliorer leur réseau et leur visibilité».

www.sparxfactory.com