LUXEMBOURG
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«Faim zéro»: c’est après l’éradication de la pauvreté l’objectif numéro deux des 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030. L’ONG luxembourgeoise SOS Faim s’attèle à cette tâche depuis 25 ans maintenant. Son directeur Thierry Defense nous explique comment.

«Notre stratégie contre la faim s’inscrit dans la durée: en effet, nous pensons que la meilleure façon de lutter contre ce fléau, c’est de rendre les gens dans les pays les plus concernés aptes à subvenir à leurs besoins. Nous avons donc noué des partenariats avec des organisations paysannes, des organisations non-gouvernementales et des institutions de financement rural pour accompagner le développement des petites exploitations familiales grâce à des micro-crédits, des formations, la structuration de coopératives ou encore le développement de marchés locaux. Nous entretenons ainsi des partenariats avec une vingtaine d’organisations dans les six pays où nous sommes actifs: Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin, République démocratique du Congo et Ethiopie.

Nous n’y disposons pas de locaux, mais nous nous rendons au moins deux fois par an sur place dans les pays dans lesquels nous travaillons afin de procéder au contrôle des opérations et de l’utilisation de l’argent qui leur est attribué. Nous pouvons aujourd’hui compter sur quelque 4.000 donateurs actifs qui nous confient au total entre 500.000 et 600.000 euros par an. Le ministère des Affaires étrangères et européennes, auprès duquel nous sommes agréés, nous soutient également.

Nous disposons ainsi d’un puissant levier pour aider de nombreuses personnes à améliorer leur vie. Aujourd’hui, elles sont plus de 500.000 à bénéficier des actions de SOS Faim qui favorisent de manière ciblée surtout aussi les plus pauvres: l’énorme majorité des bénéficiaires des programmes pour l’inclusion financière et le soutien à l’entrepreneuriat des petits producteurs est en effet féminine.

Nous apportons donc aussi notre pierre à l’édifice de la lutte contre les inégalités. Nous mettons en même temps un accent particulier sur des pratiques agricoles durables en vue de la lutte contre le changement climatique. Mais notre action se fait aussi au Luxembourg: dans les écoles et ailleurs: nous voulons encourager les citoyens à réfléchir sur ce qu’ils mangent, d’où proviennent leurs aliments, combien touchent les producteurs et combien de ressources sont nécessaires pour les produire et les transporter. Nous voulons ainsi être un acteur du changement social et environnemental. Notre objectif primordial toutefois est et restera l’élimination de la faim dans le monde. Avec 820 millions de personnes qui continuent de souffrir de la faim en ce 21ième siècle, la tâche reste immense. Et elle deviendra peut-être encore plus ardue quand nous serons quelques milliards de plus sur la planète. D’où l’urgence d’adopter de nouveaux modèles de production et de changer nos modes de consommation.»

Une séance académique aura lieu le 28 novembre prochain à 18.30 au Cercle Cité pour les 25 ans de la NGO en présence du Grand-Duc. Le «keynote speech» sera délivré à ce moment par Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme à l’Organisation des Nations unies. La manifestation est ouverte au public, à condition de s’inscrire.

Plus d’informations: www.sosfaim.lu