LUXEMBOURG
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Le développement de compétences de pointe est incontournable à l’ère de la société de la connaissance

Si l’histoire de l’enseignement supérieur au Luxembourg est encore récente - en 1974 seulement, un Centre universitaire vit le jour, des Centres de Recherche Publics ont été créés par une loi de 1987, les brevets de technicien supérieur ont éclos dans les années 1990 et l’Université du Luxembourg a pris son départ en 2003 - l’offre a connu un évolution particulièrement dynamique ces deux dernières décennies, période pendant laquelle le nombre de diplômes supérieurs accessibles en formation continue s’est lui aussi énormément développé. La société de la connaissance à l’ère de la digitalisation nécessite évidemment le développement de compétences de pointe, la politique et l’économie en ont bien conscience. Quels sont les accents dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche?

Photos: C2Dh, Editpress - Lëtzebuerger Journal
Photos: C2Dh, Editpress

Cap sur le (tout) numérique

Les missions du „Centre for Contemporary and Digital History“


Au jeune Luxembourg Centre for Contemporary and Digital History – C2DH, la dimension numérique joue un rôle de premier plan dans les travaux et la communication des travaux de recherche à l’endroit du grand public. Interview de Christoph Brüll et de Dominique Santana, chercheurs.

Le C2DH, qui a vu le jour il y a deux ans, est un des trois centres de recherche de l’Université. Quelles sont ses missions?

CHRISTOPH BRÜLL Les travaux de recherche historique du C2DH se concentrent, comme le nom le dit, sur l’histoire contemporaine – avec un focus sur le XXe siècle – et l’histoire numérique.
DOMINIQUE SANTANA Par «histoire numérique», on entend l’emploi de méthodes numériques dans la recherche, que ce soit au niveau de la création des données ou dans la transmission des résultats.

Quels sont les axes de la recherche du C2DH?
BRÜLL Il y en a quatre. L’histoire contemporaine du Luxembourg, l’histoire contemporaine de l’Europe,  l’histoire numérique et l’histoire publique sont les d’axes de recherche que nous explorons et qui définissent par là les différents projets du centre.
SANTANA En matière d’histoire du Luxembourg, par exemple, nous avons un projet phare, baptisé «World War II and its legacies», qui se décline sous deux formes, d’une part, la recherche fondamentale, à savoir les nouvelles questions que l’on peut se poser à propos de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que les nouvelles sources disponibles, et, d’autre part, la transmission des résultats de la recherche, effectuée de concert avec les divers organismes culturels luxembourgeois.

Le centre revêt-il des particularités qui lui sont propres?
BRÜLL Une spécificité du C2DH, c’est le fait de combiner recherche fondamentale et histoire publique – pour la communication grand public -, en y incluant presque toujours la composante numérique. La deuxième réside dans la collaboration quasi-systématique entre chercheurs du centre et partenaires extérieurs sur les différents projets, qu’il s’agisse d’entreprises, d’acteurs parapublics ou d’étudiants.

Ainsi, les expositions virtuelles constituent-elles, en général, l’aboutissement de ce travail sur le numérique?
BRÜLL C’est souvent le cas mais cela dépend évidemment du format du projet de recherche. A l’heure où nous devons rallier à notre cause les générations les plus jeunes, nous nous devions de développer de nouveaux outils susceptibles de capter l’attention de cette frange de la population quelque peu réfractaire aux supports traditionnels. Le web permet d’articuler la source écrite avec l’image et le son, ce qui créée de nouvelles dynamiques.

Quels sont les projets dans les cartons?

SANTANA Nous venons d’inviter le public à l’avant-première de notre webdoc «Schumann’s Eck», réalisé en collaboration avec le Musée national d’histoire militaire, qui revient sur la Bataille des Ardennes dont on commémore les 75 ans, et qui sortira officiellement début mars, au plus tard.
Un autre exemple est le Forum Z, un format grand public dont la prochaine manifestation a lieu à Mondorf-les-Bains le 5 février, consacrée à l’histoire de l’Holocauste au Luxembourg. PhR

Photo: Editpress/Didier Sylvestre - Lëtzebuerger Journal
Photo: Editpress/Didier Sylvestre

Consolider l’édifice

Claude Meisch, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, revient sur les objectifs du gouvernement


Développement de l’enseignement supérieur, renforcement des dispositifs, révision des contrats de performance, définition des domaines de recherche: les projets du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’inscrivent dans une volonté de parfaire une mécanique déjà bien huilée. Interview du ministre Claude Meisch.

Quels sont les enjeux de l’enseignement supérieur au Grand-Duché pour la décennie 2020?
CLAUDE MEISCH Après une première phase de développement de l’Université et d’autres institutions, suivie par la refonte de la législation sur l’Université, il nous incombe de consolider l’édifice, avant d’initier les étapes suivantes.
Le gouvernement a la volonté de développer le secteur de l’enseignement supérieur, parallèlement à celui de la recherche, et de l’adapter aux besoins du pays. Pour que ces derniers soient comblés, il nous faut recruter et donc, auparavant, former les bons profils. En parallèle, le Luxembourg doit miser sur certains domaines de la recherche, ceci afin de « guider » la société luxembourgeoise dans l’ensemble des problématiques que sont l’économie, le social, l’intégration ou encore la cohésion sociale.

Vous avez récemment affirmé que la rentrée académique 2019-2020 se faisait, précisément, sous le signe de la consolidation. Qu’entendez-vous concrètement par là?
MEISCH Par consolidation, j’entends avant tout une amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur. Au-delà de l’enveloppe budgétaire, en hausse, que le gouvernement a décidé d’allouer au ministère, il s’agit surtout d’effectuer une révision des contrats de performance tous les deux ans, au lieu de quatre auparavant, et, si nécessaire, d’accorder des moyens supplémentaires aux institutions concernées. 

Vous évoquez également la mise en place d’une stratégie nationale de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Pouvez-vous esquisser les contours de cette stratégie?
MEISCH Le Conseil de gouvernement a, effectivement, arrêté cette stratégie le 20 décembre dernier. Elle se décline sur trois niveaux. En premier lieu, nous nous sommes attachés aux grands défis sociétaux que le Grand-Duché se doit de relever, à savoir la transition technologique, l’écologie et le social. En deuxième lieu, la stratégie a prévu la définition des domaines de recherche à privilégier. En troisième et dernier lieu, il a été établi d’identifier les projets de recherche concrets à mettre en place.
Ainsi, il convient de voir cette stratégie comme un instrument de travail amené à donner une orientation à l’ensemble des acteurs, institutions, Université et centres de recherche publics. En sus, cet instrument servira de base aux publications et au programme du Fonds National de la Recherche.

Comment assurer la liaison, indispensable, entre les activités d’enseignement et celles de la recherche?
MEISCH L’enseignement supérieur et la recherche sont étroitement liés, c’est une évidence, ce qui nous conduit à devoir inévitablement bâtir des ponts entre les deux matières. L’Université de Luxembourg possède d’ailleurs ces deux pôles, et je souhaite absolument que cela perdure. Je tiens, d’ailleurs, à souligner que, dans la mesure où de nombreuses évaluations externes de l’Université se sont focalisées sur le volet recherche, la prochaine évaluation de l’Université se concentrera, quant à elle, sur la qualité de l’enseignement délivré.

Lorsque l’on se penche sur les pôles universitaires dans la Grande Région, à l’instar de Hombourg en Sarre ou de Nancy, on a l’impression que l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche au Grand-Duché est moins développé. Impression ou réalité?

MEISCH C’est déjà une réalité, lorsque l’on considère les acteurs que sont, donc, l’Université, mais aussi les centres de recherche publics, qu’il s’agisse du LIST, du LISER (Ndlr: le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research - ancien CEPS/INSTEAD) ou du Luxembourg Institute of Health (LIH), qui travaillent en étroite collaboration avec la société civile et les entreprises, particulièrement dans le domaine de la recherche technologique. On peut donc même affirmer que l’écosystème de la recherche au Luxembourg a réellement pris forme ces dix dernières années, au point qu’il soit aujourd’hui relativement développé.

Est-il facile d’attirer des chercheurs au Grand-Duché?
MEISCH C’est faisable, mais cela ne coule pas de source. Il faut pouvoir garantir aux chercheurs une certaine notoriété à l’échelle internationale et faire preuve de bonne gouvernance, tout comme s’assurer que les institutions de recherche soient indépendantes des pouvoirs publics. A côté de cela, il revient de leur conférer des moyens budgétaires sur le long terme, à la hauteur des ambitions nourries, et de soutenir les efforts de collaboration avec les acteurs tiers. «Last but not least», il est indispensable de viser l’excellence, au niveau international comme national.

«L’excellence au niveau international et national». Pouvez-vous préciser?
MEISCH Je fais toujours la distinction entre la recherche de type international, c’est-à-dire les projets de recherche qui ne sont pas nécessairement en relation avec les besoins du pays mais avec les défis mondiaux que sont la transition technologique, les migrations, l’écologie, etc., et la recherche au niveau national, qui s’attache aux problématiques spécifiques que nous rencontrons au Luxembourg.
J’aimerais, à ce titre, souligner que le LCSB (Ndlr : Luxembourg Center for Systems Biomedecine), qui s’est fortement développé ces dernières années, fait un travail remarquable en matière de recherche appliquée, avec, à sa tête, le brillant généticien allemand Rudi Balling.  

Une annonce a également été faite concernant la loi sur l’enseignement supérieur, amenée, elle également, à être révisée. En quoi consiste cette révision?
MEISCH Il ne faut pas s’attendre à une révolution. Notre ambition est que toute forme d’enseignement supérieur dispensé au Grand-Duché garantisse la même qualité, et ce, quel que soit l’organisme qui délivre l’enseignement, raison pour laquelle la prochaine évaluation de l’Université portera sur la qualité de l’enseignement, comme évoqué. En résumé, il s’agit d’une révision à la hausse des standards de qualité mais également en termes de comparabilité quant à l’offre en enseignement supérieur.

Le Luxembourg se hisse désormais à la deuxième place en tant que pays d’études préféré des résidents luxembourgeois, derrière l’Allemagne. Comment s’explique cet engouement ? Quels sont les obstacles qui subsistent pour les étudiants, d’une part, et l’Université de Luxembourg, d’autre part?
MEISCH La tendance n’a pas véritablement changé. Beaucoup de jeunes résidents font leurs études ailleurs, tandis que de nombreux jeunes étrangers jettent leur dévolu sur le Luxembourg. Concrètement, les trois quarts des étudiants de l’Université de Luxembourg sont des étudiants étrangers, et les trois quarts des jeunes résidents font leurs études à l’étranger.
Un obstacle majeur pour les étudiants étrangers qui souhaitent étudier au Luxembourg demeure, bien évidemment, les prix du logement. C’est la raison pour laquelle nous soutenons tous les projets de logements pour étudiants à Luxembourg-Ville ou à Esch-Belval, afin de permettre aux étudiants étrangers de trouver un toit à un prix abordable.

La formation continue est aussi une matière de premier ordre dans un pays en perpétuelle transformation économique…
MEISCH Parfaitement, la formation universitaire continue est amenée à jouer un rôle de plus en plus important dans l’économie luxembourgeoise. En effet, il se reproduit avec la digitalisation ce que nous avons connu d’antan avec la robotisation dans l’industrie. La digitalisation a, certes, pour conséquence, de faire disparaître certaines fonctions de support dans le secteur tertiaire, mais elle offre également de nouvelles opportunités, à condition de passer par une mise à niveau voire un recyclage des compétences et connaissances des salariés concernés. C’est particulièrement vrai dans une économie reposant largement sur les services et en transformation permanente. 
Dans ce cadre, il y a deux pistes à suivre. La première, proposer des formations en vue de décrocher un diplôme supplémentaire afin d’accéder à un autre poste, la deuxième, proposer des formations courtes mais très pointues, en fonction des besoins rencontrés par les salariés occupant un poste bien déterminé.

Comment renforcer les efforts de promotion du dispositif public d’aide à la formation auprès des petites PME et des TPE?
MEISCH Nous avons réformé les critères du dispositif de cofinancement en matière de formation professionnelle continue il y a trois ans. Un des principaux objectifs était - et demeure - justement d’encourager les PME à investir davantage dans la formation professionnelle continue de leurs salariés.
Ceci étant, nous avons constaté qu’il y a une volonté de la part des PME luxembourgeoises de déployer des efforts et des moyens financiers pour permettre aux employés d’approfondir leurs compétences et connaissances, et que c’était même devenu quelque chose de très normal au niveau de la culture d’entreprise. Au point que certaines entreprises – notamment dans l’artisanat - se sont rassemblées pour créer des centres de formation. On ne peut que s’en féliciter. PhR

Fotos: LUNEX University / Marques Dias Sergio - Lëtzebuerger Journal
Fotos: LUNEX University / Marques Dias Sergio

Den demografischen Wandel im Blick

Die LUNEX University hatte am Freitag ihren Tag der offenen Tür - Was sie anbietet und was sie für die Zukunft plant


Am Freitag war Tag der offenen Tür bei der LUNEX University in Differdingen. DIE Gelegenheit, sich mit Studierenden und Dozenten der staatlich anerkannten privaten Hochschule für Sport umd Gesundheit auszutauschen. Präsentationen über die Studiengänge und den Bewerbungsprozess finden stündlich ab 14.00 statt.
Wir haben uns im Vorfeld mit Prof. Dr. Andreas Mierau, dem akademischen Direktor und Leiter der Abteilung „Exercise & Sport Science“ über die Ausbildungsnachfrage an der 2016 eröffneten LUNEX und die künftigen Projekte unterhalten.

Herr Mierau, wie zufrieden sind Sie mit der Nachfrage nach den LUNEX-Studiengängen?

ANDREAS MIERAU Grundsätzlich sind wir zufrieden. Aber es gibt natürlich Unterschiede zwischen den Studiengängen. Am meisten Einschreibungen gibt es mit 359 beim Bachelor in der Physiotherapie, ein Bereich, in dem es auch ein Master mit 31 Studierenden gibt. Der Bachelor in „International Sport Management“ zählt 40 Studenten. Wir warten noch auf die Akkreditierung des Masters in diesem Bereich. Im Bachelor „Exercise and Sport Science“ gibt es 44 Einschreibungen und im Master acht. Die Studentenbevölkerung wird zunehmend internationaler, wobei wir in der Physiotherapie eine besonders starke Nachfrage aus Frankreich haben.

A propos Internationalisierung: Wie sieht es mit den Kooperationen zwischen LUNEX und anderen Instituten im In- und Ausland aus?
MIERAU Im Sportbereich hatten wir von Anfang an eine enge Kooperation mit dem Nationalen Olympischen Komitee. In diesem Zusammenhang bietet die LUNEX übrigens auch vier Stipendien für Kaderathleten des COSL. Aufgebaut haben wir auch eine enge Zusammenarbeit mit der nationalen Sportschule ENEPS. Wir arbeiten hier an der Trainer-Professionalisierung mit. Dann gibt es projektbezogene Zusammenarbeiten. So haben wir Sportmanagement-Studierende, die die Organisatoren des Skoda-Tour de Luxembourg unterstützen. Andere waren im vergangenen Jahr an einer Aktion des Sportministeriums beteiligt, um Fitness-Checks in der Bevölkerung durchzuführen. International arbeiten wir mit zahlreichen anderen Hochschulen zusammen, sind aber besonders stolz, das Direktorat für den französischsprachigen Masterstudiengang „Management des Organisations Sportives“ des Internationalen Olympischen Komitees inne zu haben. Wir sind zwar als private Hochschule nicht verpflichtet, unsere Studenten ins Ausland zu schicken, machen aber beim Erasmus Plus-Mobilitätsprogramm mit und zwar ab diesem Jahr. Das wird die Internationalisierung unserer Hochschule weiter fördern.

Kommen künftig noch weitere Studiengänge hinzu?
MIERAU Ganz klar. Wir möchten noch einen weiteren Bachelor und einen Master anbieten und sind dabei Marktanalysen durchzuführen vor dem Hintergrund der Nachfrage nach Gesundheitsprofis in einer Zeit des demografischen Wandels. Die Gesellschaft altert und daraus entstehen verstärkte Bedürfnisse für Gesundheitsdienstleistungen und entsprechendes Fachpersonal. Wir sehen auch in der Digitalisierung des Gesundheitssektors eine interessante Sparte, zu der die LUNEX vieles beitragen könnte. Wie können wir die bestehenden Angebote ergänzen, das ist die Frage, die wir uns stellen, wobei wir für die Antworten auch Synergien wie beispielsweise mit der Uni Luxemburg anpeilen. LJ

Mehr: www.lunex-university.net

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