LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coupler la gestion des ressources humaines à la communication demeure primordial pour les entreprises

De la PME à la multinationale, l’enjeu reste le même: dénicher les candidats qui répondent le mieux aux profils recherchés sans perdre trop de temps. Mais encore faut-il être attractif aux yeux des candidats. Pour cela, les entreprises peuvent compter sur une communication orchestrée mais force est de constater qu’à l’heure des réseaux sociaux, il n’est pas toujours évident de faire passer un message clair. Voilà pourquoi des outils digitaux sont utilisés sans pour autant négliger l’humain. S’il est important de recruter, les salariés en place peuvent aussi apporter leur contribution à la politique de gestion des ressources humaines. Petit tour d’horizon des différents enjeux.

Lëtzebuerger Journal

Recrutement multicanal

En pratique, communication interne et externe priment pour dénicher des candidats


Avec plus de 70 recrutements par an, la petite multinationale CRI spécialisée dans la consultance informatique est amenée à manier une communication tant interne qu’externe pour dénicher ses futures recrues. «Il n’y a pas de solution unique», observe Sara Reis, coordinatrice en charge du recrutement qui planche actuellement sur une formalisation du processus de recrutement via différents canaux. «Notre meilleur allié pour l’instant, c’est LinkedIn en tant que solution globale», avance notre interlocutrice. En publiant des annonces et des contenus ciblés sur le réseau social professionnel, la société de consultance mène une campagne de marketing ciblée vers des candidats potentiels mais aussi vers une audience plus large puisqu’elle dispose d’une page qui met en avant ses projets et ses développements.
Quatre recruteurs travaillent exclusivement pour l’entreprise basée à Windhof. Leur tâche? Dénicher des profils de candidats répondant aux exigences posées par les clients pour lesquels CRI est prestataire. «Nos recruteurs ont des personnalités et des outils différents», admet la coordinatrice. «L’un de nos recruteurs a développé un réseau personnel très consistant, il n’utilise pratiquement pas LinkedIn», souligne-t-elle. Mais dénicher le «bon» candidat n’est pas tout. Il arrive que le candidat retenu passe l’entretien mais réalise alors que la mission proposée ne lui convient pas. «Nous avons eu le cas d’un candidat qui en a parlé cela à un proche, qui a eu le poste».

L’homme qui a vu l’homme qui a vu le candidat
Le bouche-à-oreille demeure une valeur sûre, même à l’heure des outils digitaux. Et dans un domaine tel que l’informatique où les postes à pourvoir sont nombreux, le réseau de chaque candidat potentiel peut renforcer la réserve de main d’œuvre des entreprises. CRI est en train d’adapter cela également en interne où les salariés de l’entreprise sont eux-mêmes des canaux de recrutement. S’ils renseignent à leur employeur un candidat au profil recherché et que ce dernier décroche le poste, une récompense monétaire lui est promise. «Attention toutefois à rester conforme avec le RGPD (Règlement général sur la protection des données): le candidat potentiel doit donner son accord pour que son CV soit envoyé», souligne la coordinatrice.
La communication prime aussi à un autre niveau. Il arrive en effet que les recruteurs sollicitent des candidats potentiels basés hors des frontières de son marché principal qu’est le BeLux. «Nous avons instauré un système de parrainage où des recrues qui sont passées par cette étape (de l’expatriation, Ndlr.) prennent contact et guident les candidats dans leur installation vers la Belgique ou le Luxembourg». Des prospectus et autres sites web d’information sont certes des outils, mais le contact humain demeure semble-t-il primordial pour mener à bien pareil changement de vie.

Lëtzebuerger Journal

L’art du dialogue

Les ressources humaines reposent en grande partie sur une bonne communication


Laurent Chapelle, gérant de RH Expert, estime que les entreprises ont beaucoup de mal à communiquer dans le secteur des ressources humaines, que ce soit en interne ou à l’extérieur.

La vie en entreprise a beaucoup évolué, qu’en est-il de la communication en interne des ressources humaines?
LAURENT CHAPELLE Ce qui était valable dans les années 70, le chef du personnel, jusqu’à aujourd’hui avec le «Happiness manager» me fait constater que les entreprises ne savent pas communiquer sur les RH. C’est une vraie maladie, car par exemple on sur-communique sur les arrivées de collaborateurs, mais les départs sont tus. Alors les salariés se renseignent et passent beaucoup de temps à la machine à café pour obtenir des informations, ce que j’appelle «RMC», Radio Moquette Couloir. Mais venant de la direction, il s’agit le plus souvent de maladresse. Une entreprise a besoin d’une vision, d’une stratégie. Sa la vision est compliquée ou même absente, la communication est difficile. Tous les services reflètent ce cap. Quand on demande aux managers quels sont les objectifs de leur entreprise, 7 sur 10 ne savent pas répondre, alors qu’ils sont censés être capables de communiquer sur la stratégie. Cela permet aux employés de se projeter, de donner un sens à leur fonction. C’est un problème de fond.

Bien communiquer, ce n’est pas à la portée de tous…
CHAPELLE
Cela reste en effet un savoir-faire, et peu apprennent à communiquer, ce qui est d’autant plus compliqué. Avec au moins 7 nationalités en moyenne dans les PME luxembourgeoises de 20 salariés. C’est une particularité du Grand-Duché, qui rend les choses difficiles parfois, mais qui oblige à une plus grande ouverture. Nous sommes obligés de nous écouter pour travailler ensemble, c’est une force que nous n’utilisons pas assez.

Et pour ce qui est de la communication externe, comment les entreprises s’en sortent-elles?
CHAPELLE
Notre force du multiculturalisme n’est pas assez mise en avant. Mais la faiblesse des infrastructures, en particulier des transports, fait baisser notre attractivité. Les entreprises qui sont les plus innovantes, notamment en flexibilité de travail, marquent des points. Même les secteurs de la construction ou de la restauration s’y mettent pour attirer des candidats. Les possibilités de formation sont également très importantes. Il y a 40 ans, on embauchait des diplômes, aujourd’hui on embauche un savoir-être, c’est une révolution. Pour être attractive, une entreprise doit former ses employés. Mais les formations ne sont pas obligatoires et les aides ont diminué depuis deux ans, cela entraîne plus de turnover dans les entreprises. Il y a dix ans, les primes de cooptation étaient très en vogue, mais cela fonctionne en réalité très peu. On ne fait en général pas assez attention au processus de recrutement, 3 à 5 entretiens pour un poste sans responsabilités particulières c’est n’importe quoi, la communication commence là.

Existe-t-il des formations en la matière?
CHAPELLE
Les formations en communication pour les managers se multiplient. On prend enfin soin des managers qui se retrouvent traditionnellement entre le marteau et l’enclume. Apprendre à un manager à communiquer, c’est le meilleur service à lui rendre.
Les entreprises n’ont plus le choix que de dialoguer pour éviter de perdre leurs talents. Nous avons fait une petite étude, et sur 500 candidats, la raison numéro un et de loin pour ces derniers d’avoir quitté leur précédent poste est le manque de reconnaissance. C’est pour les salariés une bonne raison de partir, bien avant l’argent, et cela est dû à un manque de communication. C’est souvent pour les managers un problème de gestion de temps, et la communication prend justement du temps.

Lëtzebuerger Journal

Au service des entreprises

Talkwalker fournit des outils pour aider les entreprises à gérer leur image en ligne


Connue pour ses outils de veille et d’analyse, l’entreprise Talkwalker revendique plus de 20.000 marques clientes dans le monde qui font appel à ses services. L’entreprise basée au Luxembourg promet à ses prospects de protéger la réputation de leur marque en devenant leurs yeux et leurs oreilles sur le web. Explications avec Albane Flamant, «Marketing Operations Manager» pour l’Europe.

Comment Talkwalker aide les entreprises à devenir plus attractives pour les candidats?
ALBANE FLAMANT
Talkwalker permet aux entreprises de donner du sens à toutes les conversations en ligne autour de leur marque, qu’il s’agisse de mentions sur les réseaux sociaux, dans des articles de presse ou de revues sur des sites comme Glassdoor ou Indeed. Ces données peuvent être analysées pour fournir des connaissances  essentielles aux organisations, comme par exemple la façon dont elles sont perçues par un groupe spécifique comme des candidats potentiels à un emploi. Cela leur permet d’identifier ce qu’elles peuvent faire pour améliorer la perception de leur marque.

Est-ce que des sites web comme Glassdoor par exemple peuvent avoir un réel impact sur l’image des entreprises? Comment dans ce cas Talkwalker peut améliorer cette image?
FLAMANT
Oui, tout à fait, tout particulièrement quand on parle de recrutement, ou de l’importance d’avoir des collaborateurs engagés. Les grandes entreprises ont tellement de données à traiter qu’il est facile de manquer certains avis. C’est pourtant ceux-ci qui définissent le type de candidat qui répondent à vos offres d’emploi. Avec Talkwalker, les entreprises peuvent gérer toutes les informations en lien avec leur marque au même endroit, ce qui leur permet d’avoir une vision complète de la façon dont elles sont perçues, non seulement par leurs clients, mais aussi par leurs employés et investisseurs potentiels.

Quels outils importent vraiment pour construire une image d’entreprise attrayante?
FLAMANT
Les questions de localisation sont bien sûr importantes, tout particulièrement dans le cas d’entreprises internationales qui font typiquement face à différents défis en fonction du pays ou de la région. Le fait de géolocaliser vos données vous permet d’identifier les problèmes spécifiques à chacun de vos bureaux, par exemple. Notre analyse de sentiment boostée à l’intelligence artificielle vous aide à organiser vos informations de manière efficace. Plutôt que de lire manuellement des centaines de revues, vous pouvez directement identifier celles qui peuvent poser problèmes, et agir en conséquence. Nos alertes sont également essentielles pour identifier les signaux faibles d’une crise. Une revue très critique peut être le début d’un cauchemar pour votre équipe de relations publiques, alors qu’une simple alerte vous aurait permis d’identifier le problème en amont et de le résoudre rapidement.

www.talkwalker.com