LUXEMBOURG
SONIA DRIBEK-PFLEGER

Sonia Dribek-Pfleger est partenaire-associée chez KPMG Luxembourg. Pour cette dernière, les entreprises et les employés vont devoir s’adapter à cette nouvelle ère numérique, sans en avoir peur, avec une vision commune pour affronter ce changement massif, technologique et culturel.

«Toutes les entreprises ont définitivement assimilé le caractère crucial des données, nouveau pétrole de l‘ère numérique. L’impératif stratégique de leur gestion est communément admis mais les adaptations nécessaires à ce changement structurel tardent. Pourquoi? Voici le début d’une réponse.

Pour faire court, la transformation vers une entreprise orientée données exige que processus, collaborateurs, culture, état d‘esprit et, bien sûr, technologie se déploient dans une vision commune de l‘organisation. Dans les faits, la gestion des données n’est pas intégrée à la stratégie digitale. Les deux domaines sont abordés séparément. Une vision et un engagement ferme de la direction se révèlent donc essentiels pour construire une stratégie globale sur les données.

Les investissements dans la gestion des données représentent souvent d’énormes montants alors que le retour sur investissement (ROI) s’avère difficile à quantifier. Les organisations ont alors tendance à travailler comme elles l’ont toujours fait, en acceptant inefficacités opérationnelles et risques. Elles ignorent également toutes les opportunités, comme, par exemple, la réduction des coûts. Commençons plutôt par subdiviser la stratégie globale en projets plus restreints: implémenter des solutions rapides, adopter une attitude agile et centrée sur l’innovation, soutenir concrètement l’émulation et permettre aux collaborateurs de contribuer aux transformations. Il n’y a plus d’échappatoire. Mais, avant de discuter de “machine learning”, posons les bases et gagnons ainsi un avantage concurrentiel sur les sceptiques et les hésitants.

La transformation de la gestion des données impacte massivement le personnel. Les emplois de certains deviennent obsolètes. D‘autres voient leur travail quotidien modifié en profondeur. L’investissement dans les ressources humaines accompagne impérativement un tel changement. La préparation aux futures tâches, l’encouragement à être partie prenante du changement, la mise en avant du défi ou encore l’acquisition de nouvelles compétences sont autant d’axes à mettre en place, relayés au sein des équipes par une bonne information. L‘automatisation sert les humains. Elle ne les remplace pas.

En conclusion, la mise en œuvre réussie de la gestion des données demande une vision globale et une implémentation progressive, projets par projets, en dépassant les systèmes hérités et en considérant toutes les dimensions humaines, pour se dessiner en tant qu’objectif ultime de toute entreprise de l’ère digitale.»