LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les Jonk Entrepreneuren concilient école et monde de l’entreprise

L’a.s.b..k. Jonk Entrepreneuren tenait sa réception annuelle jeudi soir. Un moment pour revenir sur les projets réalisés en 2018. Insuffler l’esprit de l’entrepreunariat chez les jeunes, c’est le coeur de l’activité de l’association qui organise dans les lycées différents programmes et activités, en collaboration avec les professeurs et des intervenants du monde économique. Dans une société où les jeunes générations ont plus que jamais envie de donner du sens à leur vie professionnelle, les programmes des Jonk Entrepreneuren rencontrent de plus en plus de succès.

En 2018, quelque 11.510 jeunes ont participé aux onze programmes, soit un de plus que l’année précédente. Pour la directrice de l’organisation, Stéphanie Damgé, l’économie change rapidement et les jeunes ont besoin d’être guidés: «Aujourd’hui les jeunes sont plus critiques, ils ont plus confiance en eux mais ils sont en même temps plus flexibles car ils ont intégré les nouvelles technologies. Mais en même temps ils ont toujours besoin d’être accompagnés car dans un univers qui change rapidement, ils ne savent pas ce qui les attend».

Des élèves coachés parun professionnel et leur enseignant

Parmi les nouveautés, en 2018 a été lancé le programme «My first enterprise» pour les élèves de 4e (soit 15 et 16 ans). Avec 40 euros de mise de départ, ils ont dix semaines pour faire fructifier leur pécule en réfléchissant à un business plan etc. Ils sont pendant ce temps coachés par un professionnel et leur enseignant: «C’est la première fois que les jeunes touchent à ce domaine. C’est une première approche, et si cela leur plaît, ils peuvent continuer l’année suivante avec le programme de mini-entreprise». Certains jeunes sont volontaires, d’autres suivent le programme «imposé» par leur établissement, cela dépend de l’implication du lycée et des enseignants.

Ces derniers doivent être convaincus pour participer activement au programme, mais après des années de pratique, l’organisation possède aujourd’hui un réseau solide: «Il est important d’avoir des enseignants impliqués et motivés car sans eux cela ne serait pas possible de poursuivre ces programmes», poursuit la directrice.

Si les professeurs sont des piliers des programmes, l’organisation a également repris un projet conjoint au ministère de l’Education nationale et de l’économie: les écoles entrepreneuriales. Il s’agit de quatre lycées du pays qui proposent un véritable cursus entrepreneurial, et pas seulement des projets menés par des enseignants sur base de leur motivation, en plus du curiculum habituel du lycée. Jonk Entrepreneuren a recruté pour cela une personne dédiée à l’encadrement de ce projet.

En plus des enseignants, Jonk Entrepreneuren s’appuie sur un réseau de 510 volontaires du monde économique et 48 partenaires privés et différents ministères. «Notre but est de rapprocher le monde économique et celui de l’éducation. Je crois que nous sommes en bonne voie car nous arrivons à recruter de plus en plus de professionnels, le seul bémol c’est qu’il nous faudrait plus de femmes intervenantes pour donner des “role models” à ces jeunes, car il s’agit aussi bien de jeunes femmes que d’hommes, les groupes sont mixtes».

Stéphanie Damgé se félicite d’ailleurs que le programme pour ingénieurs attire également de plus en plus de filles depuis deux ans, une tendance importante même si la directrice remarque toujours que les filles «ont peut-être moins de confiance en elle quand elles doivent faire des présentations».

Avec des années de pratique, les jeunes deviennent des adultes susceptibles de monter «pour de vrai» leur entreprise. Une véritable satisfaction pour Stéphanie Damgé qui va pouvoir compter à terme sur un réseau d’anciens bénéficiaires des programmes des Jonk Entrepreneuren. Mais pour la responsable, le but n’est pas seulement de produire des entrepreneurs: «C’est avant tout un état d’esprit qui peut aussi bien être insufflé dans les entreprises et les administrations publiques», estime-t-elle.