LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Toute la Grande-Région est touchée, le Luxembourg en tête

Sale temps pour l’économie dans la Grande-Région, constate-t-on dans le tableau de bord économique et social du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (CESE Lorraine). En un an, le nombre de chômeurs a augmenté de 4,5%, pour un total de 549.551 personnes. Toutes les composantes sont affectées, à commencer par le Luxembourg (+12,4%), la Sarre (+12,1%) et la Lorraine (+10,8%).

Du côté français, le nombre de travailleurs frontaliers au Luxembourg a ralenti sa croissance, de 1,8% sur un an contre 2,8% en 2011. «Avant la crise, la croissance annuelle moyenne du nombre de frontaliers était de +5,4% (entre 2000 et 2008)», pointe le CESEL.

L’industrie et l’intérim durement touchés

Il apparaît que la situation économique s’est davantage dégradée en Lorraine que dans tout l’Hexagone. Ainsi, l’emploi a baissé de 2,1% sur un an, contre un recul de 0,6% en France métropolitaine. Les secteurs les plus touchés sont l’industrie et l’intérim, avec respectivement 3.742 et 3.438 postes supprimés.

Le chiffre d’affaires des entreprises basées en Lorraine a lui aussi connu un recul sensible, de 1,4% sur un an tandis que les exportations ont ralenti de 1,5% sur la même période. «L’année 2012 a été marquée par un retour de la crise en Lorraine», souligne le CESEL dans son rapport. Ce dernier pointe aussi le «décalage entre les évolutions du chiffre d’affaires des entreprises et celles de l’emploi» qui démontrent qu’«une croissance faible ne suffit pas pour créer de l’emploi.»

Sombre tableau

Autres symptômes du ralentissement économique dans la région française: la publication des offres d’emploi a chuté de 9% sur un an, à 20.832 annonces. Quant à la création d’entreprises, elle a stagné entre le troisième et le dernier trimestre de 2012, mais baissé de 4,8% en variation annuelle. Du côté de la construction, le tableau est lui aussi assez sombre puisque le nombre de logements autorisé a encaissé une chute de 45% sur trois mois, tandis que celui des logements commencés s’est replié de 9%. En variation annuelle, cela donne une baisse respective de 17% et de 3%. Voilà qui laisse entrevoir une situation sociale des plus préoccupantes, d’autant que «pour l’heure, aucun élément ne permet d’espérer une amélioration de la situation en 2013», avertit le CESEL.
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