LUXEMBOURG
MIKE FELTEN

Il est indubitable que le COVID-19 a changé le visage du monde et entrera dans les manuels d’histoire. En un laps de temps de trois mois, ce virus a tué plus de 400.000 personnes et contaminé plus de 7 millions d’humains (chiffres au 08/06/2020). Si le bilan humain est très lourd, les conséquences économiques qui suivent la gestion de cette crise, au départ sanitaire, n’en sont pas moindre. Selon l’Organisation internationale du travail, il s’agit de la plus grave crise depuis la deuxième guerre mondiale: 1,25 milliards de salariés courent un risque de perte d’emploi ou de réduction de salaire. Les derniers chiffres du chômage parlent un langage très clair: aux Etats-Unis, le taux de chômage est passé de 3,5% en février 2020 à 13,3% en mai.

Même avec le rebond surprise de mai, le niveau reste très élevé. En zone Euro, ce taux grimpe de façon moins rapide, se situant à 7,3% en avril par rapport à 6,5% en février 2020. De la crise sanitaire découle une grande crise économique et sociale qui devra être gérée afin de limiter au maximum les répercussions néfastes. Avant de se pencher sur d’éventuelles solutions, tout d’abord un peu d’histoire.

A l’issue de la grande dépression de 1929, un certain John Maynard Keynes avait démontré par des concepts macro-économiques que l’intervention de l’Etat dans la vie économique et sociale, au-delà de son rôle de protecteur traditionnel, avait permis la relance des économies américaines et européennes qui étaient dans l’incapacité de sortir à elles seules de cette crise. L’état-providence était défini, bien que le concept se soit construit déjà avant le keynésianisme. La doctrine keynésienne a dominé les réflexions en politique économique de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1970. A partir des années 1980, l’état-providence a été mis en doute régulièrement par les économistes néoclassiques, confrontés à des problèmes de financement et une accentuation des problèmes sociaux.

Lors de la crise de 2008, déclenchée par l’explosion d’une nouvelle bulle spéculative, la stabilisation de l’économie a de nouveau été facilitée par l’intervention des Etats. Le résultat en était une trajectoire très différente de celle observée lors de la crise de 1929.

Avec l’éclatement de la pandémie en 2020, le confinement décrété par de nombreux gouvernements et le choc économique en résultant, les différents Etats ont de nouveau soutenu leurs économies. La grande question concerne le financement de ces aides. Même si le Luxembourg dispose de finances en meilleure santé que certains autres pays européens, le coût de ce soutien massif ne sera pas négligeable. Par définition, l’Etat perçoit ses revenus soit via des cotisations, soit via des impôts mais d’autres sources de revenus pourraient voir le jour dans une logique de durabilité.

Les obligations sociales, encore méconnues du grand public, pourraient être une source de financement supplémentaire. A l’origine, ces obligations étaient destinées à lever des fonds pour financer des actions sociales généralement conformes aux objectifs de développement durable des Nations-Unies. Si en 2017, leur encours se chiffrait encore à USD 9 milliards, le volume se situe à USD 59 milliards en avril 2020. Aujourd’hui encore la grande majorité de ces obligations est émise par les institutions publiques et para-publiques. Mais ce marché voit apparaître de plus en plus de sociétés privées émettant elles aussi de telles obligations. Les principaux arguments en sont une certaine maturité des sociétés au niveau de leur responsabilité sociale, un enjeu en terme d’image et enfin la possibilité d’attirer un nouveau type d’investisseurs.

Les conséquences de cette pandémie concernent tout le monde. Les Etats à eux seuls ne peuvent pas financer toute la dette de la relance. Tous les acteurs doivent participer et y mettre du leur.

Du sur-mesure

FORTUNA BANK

Créée au Grand-Duché de Luxembourg en 1920 et située depuis toujours au cœur de la capitale, Fortuna Banque offre un service de proximité et un accompagnement sur mesure. La banque, à taille humaine, propose une gamme de produits et de services pour les besoins bancaires quotidiens, tout comme le financement de projets immobiliers, professionnels ou privés. Par ailleurs, Fortuna Banque fournit des services en matière de placement, de façon indépendante et transparente. Fortuna Banque est constamment à l’écoute de ses clients et leur procure un service personnalisé, flexible et adapté à leur situation. La vision durable de Fortuna Banque se traduit par une gamme de produits responsables dont une gestion discrétionnaire durable qui fête ses 10 ans d’existence cette année et le soutien d’initiatives et de projets locaux, à vocation sociale ou environnementale. Le développement durable et l’ancrage luxembourgeois sont ainsi au cœur de la Banque.