LUXEMBOURG
NATHALIE DAVILA

L’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, rédigée en 1948 et ratifiée par le Bénin, précise que «Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes». Nathalie Davila, de la Fondation Follereau, explique pourquoi la lutte contre la traite des êtres humains doit continuer.

«70 ans plus tard, force est de constater que cet article reste un vœu pieux. À travers le monde, des millions d’enfants sont dépourvus de leur enfance et de leur dignité en étant forcés d’exercer un travail qui nuit à leur santé et leur éducation. Contraints de quitter l’école très tôt pour subvenir aux besoins de leur famille, ou encore placés, voire vendus, ces enfants vivent dans des conditions déplorables.
Au Bénin, la traite des personnes a toujours été présente, même après l’abolition de l’esclavage. La pauvreté, la guerre, le manque d’information, les inégalités et une forte demande pour de la main d’œuvre à bas prix ont rendu une certaine frange de la population plus vulnérable à la traite des humains, notamment les enfants. D’après l’UNICEF, “le taux national du travail des enfants est passé de 34% en 2008 selon l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants à 52,5% en 2014 selon l’enquête MICS”. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, la pratique culturelle du “confiage” fonctionne comme un rééquilibrage social. Elle a pour but d’atténuer les effets de la pauvreté en plaçant les enfants des familles pauvres avec des membres plus riches de la famille. Dernièrement, cette forme de pratique culturelle est devenue une voie royale pour les trafiquants, lorsqu’ils ne kidnappent pas ces jeunes sur leur trajet scolaire.

Depuis plus de 50 ans, la Fondation Follereau Luxembourg s’engage pour le renforcement et la promotion de la qualité de vie des communautés les plus vulnérables, notamment en s’efforçant de garantir le respect des droits des enfants en matière de santé et d’éducation. Au Bénin, la fondation collabore avec les associations PIED et APEM dans 16 villages autour de la commune de Djougou (près de la frontière du Togo) et celle de Parakou (non loin du Nigeria) contre la traite des enfants et pour leur développement personnel.

Le projet intervient à plusieurs niveaux, à savoir la sensibilisation des populations, et l’appui social, sanitaire, scolaire et psychologique des enfants identifiés, qui sont, ensuite, dans la mesure du possible, réinsérés dans leur famille. Un appui aux activités génératrices de revenus des familles des enfants permet, quant à lui, de renforcer le tissu social et de limiter les abandons. Actuellement, seize  groupements de femmes sont opérationnels et ont bénéficié de matériel de transformation agricole et de maraîchage. Ce travail délicat, de longue haleine, demande la collaboration des autorités et des populations locales. Grâce à l’enthousiasme, à la synergie et au dévouement de chacun, les résultats sont encourageants. Chacune de ces actions vise ainsi la protection des enfants et le respect de leurs droits fondamentaux.»

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