MUNSBACH
CATHERINE KURZAWA

Le cabinet a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 8% sur l’année

C’est la dernière fois que la presse avait rendez-vous au Parc d’Activité Syrdall pour faire le point sur l’activité d’EY, hier. En décembre, le cabinet déménagera au Kirchberg où il compte poursuivre sa croissance.

À ce propos, il a engrangé 165,5 millions d’euros de chiffre d’affaires au terme de son exercice 2015 clos au 30 juin dernier, soit 8% de plus en un an.

Au niveau des métiers, l’audit reste le moteur du membre des «big four» avec 57,4% du chiffre d’affaires. EY revendique pour ce métier la deuxième marche du podium luxembourgeois en termes de revenus, tandis que la croissance par rapport à 2014 est de l’ordre de 6,3%. «Nous avons un peu été aidé par le marché», reconnaît Bernard Lhoest.

Le partenaire en charge du métier d’audit en veut pour preuve les nouvelles règlementations qui font que «l’auditeur est amené à faire d’autres certifications que sur les chiffres».

En juin 2016, la directive Barnier sera transposée en droit luxembourgeois avec quelques défis à relever pour le secteur de l’audit: les sociétés cotées et d’intérêt public seront tenues de changer d’auditeur après une certaine durée, vraisemblablement deux fois dix ans.

Qui plus est, certains services ne seront plus permissibles ou éligibles jusqu’à un certain niveau. Dans ce contexte, EY réfléchit à de nouveaux services et de nouveaux marchés. «Nous auditons 80% des sociétés actives dans l’e-mobile banking», se félicite Bernard Lhoest qui ne cache pas son intérêt pour les nouvelles niches d’activité au Luxembourg.

D’évolutions en évolutions

Deuxième métier du cabinet, la fiscalité a contribué à 31,5% de ses revenus en 2015. Après une année «très mouvementée» de l’aveu même de son responsable, Marc Schmitz, le département tax a signé une croissance de 4,2% du chiffre d’affaires.

De Luxleaks à la mise en place de BEPS, le paysage fiscal est en pleine évolution et le cabinet s’y adapte en mettant l’accent sur le tax policy, le tax compliance, le private banking mais aussi le tax risk management. L’échange des rulings fiscaux à l’horizon 2017 est aussi dans le viseur: «On essaie d’expliquer au mieux les raisons économiques qu’il peut y avoir derrière», souligne Marc Schmitz.

Quant à la consultance, le «petit poucet de l’activité à Luxembourg» au dire de son responsable Olivier Maréchal est néanmoins celui qui a le mieux performé en 2015, avec 32,5% de croissance des revenus. «C’est la croissance la plus élevée de notre histoire», se félicite Alain Kinsch, le Country Managing Partner d’EY Luxembourg. Ce métier s’est lancé dans un nouveau segment, celui des systèmes d’information. Son but?

«Aider les clients
à l’adaptation au contexte international», explique Olivier Maréchal.

Ce dernier souligne également le support à destination des fonds d’investissements, une activité porteuse sur la place financière. Et dans un métier où il faut chaque année se renouveler, l’adaptation au contexte est primordiale. Voilà pourquoi un accent est mis sur la digitalisation et de facto la sécurité informatique, sans oublier la sous-traitance de certains services.

Un turnover de 25%

Toutes ces évolutions se font aussi sentir du côté des ressources humaines, où le recrutement reste soutenu.

420 salariés ont intégré EY Luxembourg au cours de l’exercice passé, et ce nombre pourrait grimper jusqu’à 500 pour le prochain, prévient Olivier Lemaire. Le responsable des ressources humaines reconnaît toutefois un turnover «de l’ordre de 25%», ce qui porte l’effectif total à 1.150 personnes. En comparaison, PwC compte 2.420 salariés, Deloitte 1.520 et KPMG 1.200 selon les chiffres du Statec pour 2015.

Enfin, EY Luxembourg inaugurera en janvier son nouveau siège à l’avenue J.F. Kennedy, au Kirchberg.

Le cabinet passe du statut de locataire à celui de propriétaire, ce qui «témoigne notre confiance en l’économie luxembourgeoise», pointe Alain Kinsch.

Ce dernier a déjà fait savoir que le bâtiment en question comportera un centre d’affaires dédié à ses clients, des espaces de travail modulables avec une nouvelle organisation interne du travail et un accent sur la mobilité douce. «C’est le bâtiment qui sera le plus “green” du Kirchberg», a insisté le Country Managing Partner.


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