ERIC FERONT

Jusqu’au 28 février, la pétition publique n°753 est ouverte à la signature sur le site web de la Chambre des Députés. Ce qu’elle demande? Une loi pénalisant financièrement les entreprises ne respectant pas les quotas d’employabilité concernant les personnes atteintes d’un handicap. Non seulement elles s’acquitteraient d’une amende mais en plus, ce montant serait reversé au secteur associatif. Actuellement, il est prévu que les sociétés qui emploient plus de 50 salariés comptent au moins 2% de personnes avec un handicap et cette part monte à 5% pour celles qui totalisent plus de 300 salariés. Lui-même atteint d’un handicap, l’initiateur de cette pétition Eric Feront connaît bien ce sujet. Il nous détaille les raisons qui le poussent à vouloir ouvrir un débat au Parlament.

«J’ai déjà pu constater à maintes reprises le nombre limité d’emplois occupés par des personnes avec un handicap. Mais ce qui m’a fait bondir, c’est un article de presse dans lequel il était écrit que le ministère du Travail préfère trouver des collaborations et des partenariats. Je me demande avec qui? C’est donc pourquoi j’ai décidé, en tant que président de l’association NFP Consulting, de lancer cette pétition. Il y a très peu de sociétés qui affirment qu’elles n’engagent pas en raison d’un handicap. Ce qui fait hésiter les entreprises, c’est la non-connaissance du potentiel des personnes atteintes d’un handicap. Quand on ne connaît pas, ça fait peur. Pourtant, l’Etat luxembourgeois octroie des aides aux entreprises qui engagent des personnes avec un handicap et intervient même dans l’achat du matériel nécessaire. J’ai l’impression que le monde des entreprises est en train de se taper sur le ventre parce qu’il a signé la charte de la diversité. Mais il n’y a pas de contraintes. C’est comme si on signalait dans une rue que la vitesse est limitée à 50 km/h mais que tout le monde roule à 90 km/h sans jamais recevoir de contravention. Il y a des gens tout aussi capables dans le monde du travail des personnes avec un handicap et je ne vois pas en quoi le respect des quotas alourdirait le processus de recrutement.»