LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’OGBL a annoncé hier la faillite de cette PME basée à Sanem - Elle employait 34 salariés

Le secteur du bâtiment a beau être solide, certaines sociétés manquent de liquidités. Exemple avec PMC Construction qui a mis la clé sous le paillasson le 4 mars dernier. «Des retards de paiements ont été constatés, ils avaient un certain problème de trésorerie il y a quelques mois mais on nous a dit que ce n’était pas dramatique», se souvient le responsable syndical Jean-Luc De Matteis. Mais ensuite, tout s’est accéléré et les 34 salariés de PMC Construction se sont retrouvés sur le carreau. Le 6 mars, l’OGBL a organisé une première réunion d’information où les démarches administratives ont été expliquées. Depuis lors, les contacts se multiplient avec d’autres entreprises du secteur pour tenter de reprendre le personnel. «Le secteur est dynamique, je pense qu’on pourra faire quelque chose», confie Jean-Luc De Matteis.

Un secteur proportionnellement plus exposé au risque

Du côté de la Chambre des Métiers, l’information n’étonne pas outre mesure. Car bien que les faillites aient marqué une diminution dans l’artisanat en 2014, le secteur de la construction représente sept entreprises sur dix dans le milieu et donc, est proportionnellement plus exposé au risque. «Il n’y a pas d’augmentation des faillites dans la construction qui serait anormale», commente Tom Wirion. Le directeur général de la Chambre des Métiers pointe aussi un contexte fortement concurrentiel: «Pour une entreprise de construction basée au Luxembourg, on compte en moyenne une entreprise prestataire étrangère». Selon les données de la Chambre des Métiers, 124 faillites ont touché l’artisanat l’an dernier dont 88 dans la construction.

Vers une réforme règlementaire?

Dans un communiqué de presse, l’OGBL a de nouveau plaidé pour une réforme du cadre règlementaire qui permettrait aux syndicats d’intervenir de manière proactive. Son souhait? La mise en place d’une base de données commune entre les administrations publiques et les assurances sociales pour constater les impayés en matière d’impôts ou de cotisations sociales et que les partenaires sociaux en soient informés dans le comité de conjoncture. «Aujourd’hui quand on est averti du problème, il est souvent déjà trop tard», déplore Jean-Luc de Matteis. De son côté, Tom Wirion approuve l’idée de réfléchir à des dispositifs de prévention mais «pas dans le cadre du comité de conjoncture», souligne le directeur général de la Chambre des Métiers.

À noter que cette faillite de PMC Construction n’affecte pas l’autre société de son patron: PMC Energies. Elle se présente comme un partenaire de la première active dans les panneaux photovoltaïques.