LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Foundry a ouvert mercredi soir et compte lancer une communauté d’experts pour aiderles entreprises à se développer au Luxembourg et à l’international

L’écosystème d’incubateurs et d’espaces de coworking au Luxembourg s’est étoffé mercredi avec le lancement de Foundry qui se veut être un concept complémentaire. Projet lancé par l’agence Mason Bower, spécialisée dans le marketing, il s’agit d’attirer les entreprises à l’international qui cherchent à développer leur activité au Luxembourg et plus généralement sur le marché européen. Au-delà d’un simple camp de base pour prospecter, the Foundry propose de rejoindre une véritable communauté et d’échanger les domaines d’expertise: «Nous voulons regrouper les ressources dans un même lieu, pour des entreprises existantes qui cherchent à développer leur activité au Luxembourg et en Europe», explique James Monnat, fondateur de Foundry.

Il n’est donc pas question d’héberger des start-up débutantes comme c’est le cas pour plusieurs incubateurs qui existent déjà au Luxembourg. Foundry va se diviser en plusieurs acteurs: les membres qui cotisent chaque mois pour pouvoir disposer des locaux en hot-desking et faire partie de la communauté, les collaborateurs qui sont des intervenants qui peuvent amener leur savoir-faire aux membres ou proposer séminaires ou formations, et enfin les fournisseurs, comme Coffee Fellows qui va gérer la cafétéria ou encore des instructeurs de yoga et autres chiropracteurs qui vont pouvoir proposer leurs services sur place aux membres.

Un «flex office» pour 119 euros par mois

L’aspect coworking n’est pas vraiment mis en avant, mais les membres vont pouvoir louer un espace de travail en «flex office» à hauteur de 119 euros par mois, soit assez en deçà du marché luxembourgeois. En guise de découverte, l’accès à Foundry est gratuit jusqu’à la fin du mois, sous réserve de s’inscrire au préalable sur le site internet. Pendant l’été, tous les membres pourront s’inscrire sans distinction, et en septembre le programme va commencer.

Il s’agit d’un «founder program», quelques semaines ou quelques mois d’un programme personnalisé pour appliquer une idée ou projet qu’une entreprise a pour le marché luxembourgeois ou européen. Mais ceci après sélection. Les candidats, déjà une quarantaine en lice, seront jugés sur leur dossier par la communauté de Foundry. «Nous voulons aider à transformer une idée en un concept commercial, mais nous accepterons uniquement les candidats qui sont issus d’une entreprise déjà existante et qui a besoin d’accompagnement et qui va trouver tout ce dont elle a besoin au Foundry», poursuit le fondateur.

Selon ce dernier, ce concept est unique au monde. Et Mason Bower ne s’en cache pas: l’agence a pour ambition de faire grandir sa communauté, «environ 500 membres d’ici deux ans» estime James Monnat, et compte se tenir au centre de ce réseau de talents. En seulement trois ans d’existence au Luxembourg, d’abord dédié aux grandes entreprises, Mason Bower travaille aujourd’hui avec les PME: opérations, croissance, chaîne de distribution, entreprises qui se relocalisent au Luxembourg, l’agence a plus d’une corde à son arc pour accompagner les entreprises qui vont désormais venir à elle via Foundry.

Le lieu trouvé est d’ailleurs le voisin de l’agence, route d’Esch. Une ancienne maison et atelier, avec beaucoup de caractère, où le mobilier de bureau fait sur mesure côtoie les tables de café vintage chinées çà et là sur le marché de l’occasion. Les salles de réunion sont modulables, un étage entier est dédié aux industries créatives pour que les talents de ce secteur puissent se regrouper. Un studio est à l’étude dans un des garages de la propriété qui ne manque pas de potentiel de développement. L’inauguration avait lieu hier soir avec tout le microcosme luxembourgeois, curieux de découvrir les lieux.

Foundry part de zéro mais l’agence compte sur ses clients existants et son travail de fond pour attirer les membres. Actuellement Mason Bower se concentre sur les marchés de Corée du Sud ainsi que du Japon, des PME installés sur le marché local qui ont l’intention de s’étendre à l’Europe. Mais il leur faut pour cela des relais locaux pour mieux comprendre les rouages du marché européen. «Il est très facile de trouver du conseil fiscal ou encore des comptables au Luxembourg, mais pour tout le reste les PME sont un peu perdues, et nous voulons combler ce manque» , indique James Monnat.


www.foundry.lu