BETTEMBOURG
CLAUDE KARGER

L’administrateur-directeur de l‘Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment sur le potentiel du secteur

Des jeunes qui assemblent des élements de fondations, des plus anciens qui construisent des murs, des engins de chantier qui circulent dans la cour, des dizaines de personnes qui circulent dans les couloirs: cela bosse dur à l‘Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment en ce milieu d‘un vendredi après-midi. Et l‘activité dans et autour du centre au milieu de la Zone d’Activités Economiques Krakelshaff à Bettembourg va sans doute encore monter d‘un cran dans les mois et années à venir. Car pour satisfaire la demande de formations continues des entreprises du secteur du bâtiment, l‘IFSB sera bien obligé de s‘agrandir.

Confluence entre savoir et savoir-faire

A noter que le site s‘est déjà agrandi avec la construction du bâtiment Neobuild, le pôle d’innovation technologique de la construction durable du Grand-Duché, illustrant la confluence entre le savoir et le savoir-faire. Le bâtiment laboratoire, sur le toit duquel s‘élèvent capteurs solaires et une serre et qui est doté à l‘intérieur d‘un nombre d‘installations technologiques des plus diverses, sera officiellement inauguré dans deux mois. Pour Bruno Renders, ce concentré de technologies du bâtiment représente vraiment le développement et l‘avenir d’un secteur qui depuis longtemps fait beaucoup plus que du béton et de la maçonnerie. «Le secteur est devenu beaucoup plus technique. On est en train de passer «from brick to brain», aux bâtiments intelligents», sourit Bruno Renders, directeur de l‘IFSB et l‘une des chevilles ouvrières derrière bon nombre d‘autres projets qui ont découlé de l‘alliance entre la Fédération des Entreprises de Construction et de Génie Civil et le Groupement des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics en vue de se doter des instruments nécessaires pour assurer durablement leur compétitivité.

Des besoins à anticiper

«Pour cela, on doit anticiper les besoins du secteur», renchérit Bruno Renders, convaincu que cette faculté avérée peut mettre le Luxembourg à la pointe du progrès en matière de «smart buildings». En matière de bâtiments à faible consommation d‘énergie, le Grand-Duché le sera d’ailleurs bientôt, alors qu‘il a défini des objectifs: en 2017, toute nouvelle maison construite doit répondre aux standards de la maison passive - ce n‘est pas une coincidence que la seule construction didactique pour ce genre de maison dans la Grande Région se trouve sur le site de l‘IFSB. «Imaginez la progression: en 2010, il y avait moins de 5% de maisons passives parmi les nouvelles constructions. En 2017, il faudra passer à 100%», donne à penser Bruno Renders, «eh bien, le secteur est prêt».

Des métiers en mutation

Il ne le serait évidemment pas, si les entreprises n‘auraient pas massivement investi dans la formation continue de leurs collaborateurs. «Tous les métiers du secteur sont en mutation. Le maçon d‘aujourd‘hui n‘est plus le maçon d‘hier», pointe encore le directeur de l‘IFSB qui insiste dans cet état d‘esprit aussi sur la nécessité de rapprocher encore davantage le monde professionnel et le monde de l‘éducation. Un processus qui est d‘ailleurs en cours, l‘IFSB accueillant régulièrement des jeunes avides de découvrir les métiers du bâtiment. Qui étaient et restent d‘ailleurs des métiers d‘avenir. Difficilement délocalisables, ils permettent, ils offrent une énorme diversité et des perspectives de développement de carrière uniques. «On peut toujours passer du manoeuvre à des positions dirigeantes en réussissant ses formations continues», souligne Bruno Renders, «il y a peu de secteurs qui offrent cette opportunité». Un constat qui devrait faire réfléchir plus d‘un jeune. Le secteur - qui vieillit - a en tout cas besoin de beaucoup de renforts.