MAMER
CATHERINE KURZAWA

L’été est aussi la saison des guêpes - Rencontre avec un expert dans leur élimination

Il n’est pas encore terminé mais il restera gravé dans toutes les mémoires: l’été 2019 et ses deux vagues de canicules - comptabilisées à ce jour - laissera des traces. Du côté de l’entreprise spécialisée dans l’éradication des espèces nuisibles RHS, «on constate 20% de nids de guêpes en plus par rapport à 2018», pointe son fondateur et dirigeant Eddy Boland. «La chaleur y fait pour beaucoup», explique ce Belge qui a créé sa PME à Wiltz en 2008.

Si 2018 avait été une année record en matière d’enlèvement de nids de guêpes, arrêt de ce service par les pompiers oblige, 2019 le devance déjà. «Actuellement, 40% des interventions concernent des nids de guêpes», explique notre interlocuteur.

Rendez-vous est d’ailleurs donné à Mamer, dans une maison dont la construction vient à peine de s’achever mais où les propriétaires constatent ces dernières semaines un va-et-vient d’insectes aux rayures jaunes et noires entre les ouvertures d’un bardage en cèdre. «C’est une guêpe poliste», diagnostique d’emblée le spécialiste. Une fois sa veste d’apiculteur enfilée, il dégaine un appareil fabriqué par ses soins pour diffuser un produit qui détruira le nid caché derrière les planches de bois. Quelques secondes plus tard, une sorte de fumée se dégage des ouvertures. Quelques guêpes commencent à en sortir, toutes blanches. Elles vivent les dernières minutes de leur existence tandis que celles parties travailler seront touchées par le produit dès leur retour.

Paré face aux frelons asiatiques

A côté de ce type d’intervention, RHS et ses cinq salariés se préparent à l’arrivée possible du frelon asiatique, un nuisible très invasif capable de dévorer 70 abeilles par jour. Cette espèce présente sur le pourtour méditerranéen a été introduite accidentellement en France en 2004. Compte-tenu du réchauffement climatique, son arrivée sous nos latitudes est une question de quelques années. «Pour le moment, personne n’en a répertorié mais nous avons déjà entendu parler d’un nid du côté de Namur», en Wallonie, précise Eddy Boland. Au printemps, l’intéressé s’est rendu dans une société similaire à la sienne située du côté de Nice. Il y a appris les méthodes d’intervention face à cette espèce très agressive et retournera se perfectionner à la fin de l’été. Dans la mesure où ce frelon injecte son venin à travers des fibres textiles et même des grillages, RHS s’est équipé en conséquence avec une combinaison ultra épaisse dotée d’une visière en plexiglass.

«Il y a quatre ans, nous avons anticipé l’arrivée des chenilles processionnaires, désormais elles sont un petit peu partout. Nous souhaitons avoir cette approche avec le frelon asiatique», souligne l’entrepreneur.

Au mois de mai dernier, la Ville de Luxembourg avait fermé une série d’espaces verts pour cause de présence de chenilles processionnaires sur des chênes. Les poils de cet insecte provoquent une réaction urticante, une éruption cutanée et de fortes démangeaisons. «Le problème avec les chenilles est qu’il n’existe pas vraiment de moyen de lutter contre elles sauf en utilisant une bactérie précise», explique l’expert. Si la France commence à y recourir, ce n’est pas le cas du Luxembourg où la substance n’est pas autorisée.

Il existe néanmoins des méthodes de prévention, selon RHS: installer des nichoirs dotés de trous de 32 à 38 mm qui accueilleront des mésanges. «Une mésange mange 200 à 300 chenilles par jour au printemps et se fiche des poils». Le garde forestier de formation constate en outre une disparition des oiseaux mangeurs d’insectes dans nos contrées. «Il est important de nourrir les oiseaux tandis que très peu d’insectes sont en voie de disparition», souligne-t-il. L’achat d’un hôtel à insectes peut s’avérer être efficace pour concentrer chez soi ces petites bêtes qui feront le régal des oiseaux, sans oublier pour autant de nourrir ceux-ci une fois l’hiver installé, bien entendu.

www.rhs.lu