LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

«déi gréng» alimentent le débat sur les logements vides

En ville, il y a tellement de personnes qui dorment dans la rue… et tellement de logements vides. Ce paradoxe, beaucoup de capitales européennes le connaissent. Les raisons? Spéculation immobilière ou encore, crainte des propriétaires d’avoir des dégâts dans leurs biens. À Luxembourg, «dei gréng» souhaitent lancer le débat sur la chasse aux logements vides. Et pour ce faire, les Verts luxembourgeois reçoivent ce lundi soir le secrétaire d’État au Logement à Bruxelles, Christos Doulkeridis.

Bruxelles, un exemple ?

La capitale belge est confrontée à une forte hausse de sa population, conjuguée à un territoire relativement limité (Bruxelles est enclavée dans la Région flamande). Pour tenter de maximiser le potentiel des surfaces disponibles, les autorités ont lancé l’été dernier un vaste programme de lutte contre les logements inoccupés. Aux dires de Christos Doulkeridis, «la Région bruxelloise est à l’avant-garde». En fait, les autorités ont créé un service chargé de détecter les logements inoccupés. En théorie, le propriétaire dispose d’un délai d’un an pour remettre son logement vide sur le marché. Une procédure peut aussi être lancée après des plaintes émanant d’autorités ou d’associations, mais aussi sur base de relevés de consommation en eau ou en éclectricité anormalement basse.

Par ailleurs, les propriétaires d’un logement inoccupé sans raison valable sont soumis à une amende. «Cette notion d’amende est très importante car elle sanctionne ce qui est jugé illégal, au contraire d’une taxe qui impose une activité légale», explique le responsable politique bruxellois. Bref, «le droit de propriété est contrebalancé par le droit au logement».

Commerces et bureaux dans le viseur

À Bruxelles, on dénombre 15.000 à 30.000 logements vides. Mais ce n’est pas tout. «5.000 logements sont disponibles au-dessus des commerces.» Mais ils sont souvent en mauvais état ou bien ne disposent pas de porte d’entrée séparée du magasin. Les autorités proposent donc d’aider les propriétaires à les rénover, et à les remettre sur le marché locatif. «Et si rien ne bouge, une amende est possible», ajoute le Secrétaire d’État. Autre piste, celle des bureaux, dont presque 1 million de m² sont vides à Bruxelles. «Nous avons un plan pour montrer qu‘il ’est architecturalement faisable de transformer des bureaux en logements.» Quoi qu’il en soit, les Verts luxembourgeois se montrent disposés à apprendre de la part de leur invité bruxellois. Il faut dire qu’au Grand-Duché, seules deux communes verbalisent les logements inoccupés: Esch-sur-Alzette et Beckerich.


Conférence «Chasse aux logements vides»

Ce lundi soir à 18h30 à l’auditorium du Cercle Cité

Place d’Armes, à Luxembourg-ville

Entrée gratuite