CHARLES-LOUIS MACHURON

Ils sont graphiste le jour – slash – DJ la nuit, employé de banque/photographe/organisateur de festival, consultant/développeur informatique/entrepreneur, agent immobilier/professeur de yoga, etc. Le nombre de personnes cumulant plusieurs activités professionnelles ne cesse de croître. Popularisé il y a une dizaine d’années, notamment suite à la publication du livre One Person/Multiple Careers de Marci Alboher, ce terme provient du signe «/» slash en anglais qui permet de séparer les différents métiers cumulés.

Slasher rime avec entrepreneur

En France, d’après une étude réalisée pour le Salon SME des micro-entreprises et publiée fin août 2016, on compte désormais plus de quatre millions de «slashers» soit 16% des actifs. Et 77% d’entre eux exercent leur deuxième métier dans un secteur différent de leur activité principale. Selon Alain Bosetti, président du Salon SME, «le phénomène “slashers” peut s’expliquer par au moins trois raisons en France: le régime de l’auto-entrepreneur a simplifié l’exercice légal d’une activité complémentaire. Les plateformes collaboratives et de mission facilitent la mise en relation avec des clients potentiels. Et la technologie mobile (smartphones et tablettes) permet de travailler partout, tout le temps.» Ainsi, 32% des slashers précisent exercer leur deuxième activité en tant qu’entrepreneur (auto-entrepreneur, free-lance, dirigeant d’une entreprise, associé). Au Luxembourg, la possibilité d’avoir un statut d’indépendant en complément de son activité et prochainement l’entrée en vigueur de la nouvelle loi travail qui permettra de pouvoir créer une société à partir d’un euro de capital devrait venir agrandir la colonie de pluriactifs qui ont fait le choix de vivre de leur passion… et de gagner plus d’argent.

Travail, plaisir et indépendance

L’étude révèle aussi que 70% des «slashers» le sont devenus par choix plutôt que par obligation et avancent plusieurs motivations pour justifier ce choix de vie, 73% le font pour augmenter leurs revenus, 27% pour percevoir des revenus grâce à leur passion, 12% pour être leur propre patron, 10% pour préparer une reconversion ou encore 10% pour tester une idée en vue de créer leur entreprise. Et Alain Bosetti d’ajouter: «je suis certain que dans quelques années émergeront de belles entreprises créées initialement par des slashers comme activité d’appoint et qui se seront transformées en activité principale avec succès.» Une dernière statistique intéressante de cette étude montre l’assiduité des «slashers»: 34% d’entre eux consacrent au moins 10 heures par semaine à leur deuxième activité. Ce phénomène intergénérationnel qui touche aussi bien les 20-30 ans que les 50-65 ans est bien plus qu’éphémère et apparaît de plus en plus comme une vraie tendance. Avec les nouvelles technologies et les nouvelles possibilités offertes à tout un chacun de compléter son revenu par une autre activité (louer son appartement, vendre des objets sur un site internet, devenir chauffeur VTC, mettre son matériel en location, donner des cours, louer sa voiture, etc.), nul doute que le nombre de «slashers» devraient croître de manière exponentielle. Toutes ces nouvelles opportunités offertes par l’économie collaborative modifient en profondeur le secteur de l’emploi et permettent, à qui le souhaite, de faire valoir ses multiples potentiels.

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