BONNEVOIE
CATHERINE KURZAWA

Inlingua propose un apprentissage du luxembourgeois pour les néo-arrivants - explications

Lët’z Brexit», voilà ce que propose l’école de langues Inlingua aux néo-arrivants au Luxembourg à travers une campagne décalée où l’on retrouve la reine Elisabeth II, Mister Bean et David Beckham arborant fièrement un drapeau luxembourgeois. L’apprentissage de la langue de Dicks séduit, à en croire le directeur de l’école qui voit une demande émerger de la part non seulement des Britanniques et nouveaux habitants des suites du Brexit, mais aussi simplement de la part des résidents en général. Entretien.

Votre école organise des cours à destination des nouveaux arrivants britanniques désireux d’apprendre le luxembourgeois. Constatez-vous une hausse de la demande de la part de cette clientèle?

JEAN-PIERRE PIERSANTI Il y a une forte hausse de la demande en luxembourgeois. Historiquement, nous avons en n°1 l’anglais, n°2 le français langue étrangère, n°3 l’allemand, n°4 luxembourgeois, ensuite italien, espagnol et d’autres langues. En l’espace de cinq ans, le Luxembourgeois est passé quasiment au même niveau que le français, langue étrangère qui est la langue qu’on demande à apprendre pour l’intégration. Et sur 100 requêtes pour le luxembourgeois, vous avez près d’un tiers avec cette fameuse loi sur l’obtention de la double nationalité. Après 20 ans de résidence au Luxembourg, vous présentez un certificat de 24 heures de présence à un cours de langue luxembourgeoise et on vous donne la nationalité luxembourgeoise. Moi qui réside au Luxembourg depuis 12 ans, je me dois, si je veux obtenir la nationalité luxembourgeoise, de suivre un cours de langue et de passer l’examen. Donc j’ai l’épreuve de l’examen. Le Luxembourgeois a pris un grand coup en avant et est passé en 2ème position parmi les langues enseignées.

Constatez-vous un intérêt des anglophones de la langue luxembourgeoise?

PIERSANTI Étonnamment, l’action Brexit.lu a brassé une population tellement large que nous avons aussi bien des requêtes de la part d’anglophones, mais la grosse majorité ce sont des locaux, voire des frontaliers. Ils voient le mot «luxembourgeois» et vous savez que sans cette langue aujourd’hui, cela fait une différence sur le marché de l’emploi. Si j’avais fait la même action pour l’anglais ou pour l’espagnol, je ne pense pas qu’on aurait eu un tel succès.

Vous promettez d’apprendre les bases du luxembourgeois en 20 heures. Comment est-ce possible?

PIERSANTI C’est une initiation. En 20 heures, on peut vous initier au luxembourgeois, comme à d’autres langues. L’initiation ce sont les bases fondamentales. La méthodologie d’Inlingua qui existe depuis 1968 est basé sur le jeu de rôles, l’expression orale, des simulations de situation au quotidien à travailler ; donc en apprenant les mots appartenant à différentes situations professionnelles. La méthode est basée sur l’expression orale, la mise en situation.

Ces cours sont proposés en méthode individuelle?

PIERSANTI Nous constatons que les cours en groupe baissent. Pourquoi? Il y a Internet et puis, l’offre forte de la part des communes et de l’INL. En contre-réaction, nous avons une forte hausse des cours individuels. Les personnes ayant un certain niveau veulent axer leur action formation sur des thématiques relatives à leur métier. Nous avons des cours de luxembourgeois de la part notamment du personnel de la santé pour avoir non seulement accès à la langue en général mais aussi de la thématique métier. Pour l’anglais, il n’y a plus de cours
de langue générale, c’est fini. Aujourd’hui, si on veut de l’anglais on veut de l’anglais professionnel.

Nous avons développé des cours à Esch-sur-Alzette et depuis peu nous travaillons dans le nord du Luxembourg, via un partenariat avec l’hôtel du Golf à Clervaux qui nous met à disposition une salle de séminaire. Nous proposons des actions de formation pointues sur une période donnée en «Business English». Le prochain séminaire prévu aura pour thématique l’immobilier. Nous avons des employés de ce milieu qui veulent acquérir le vocabulaire adéquat: la visite d’un lieu, les spécifications etc.

Concrètement, vu le contexte actuel, vous constatez une hausse de l’activité?

PIERSANTI Concernant le luxembourgeois, oui et je pense que la tendance est marquée dans l’ensemble des lieux de formation. L’anglais professionnel tient toujours le haut du pavé.

Votre école est principalement dédiée aux adultes avec une offre en formation professionnelle continue, et les enfants?

PIERSANTI Pendant les congés scolaires, il y a une offre Inlingua qui associe langue et sports, grâce à un partenariat avec le club de tennis de Bonnevoie. C’est le plus fort développement, +10 à 15% des inscriptions par an pour les enfants alors que pour les inscriptions des adultes, il y a une stagnation. Dans notre chiffre d’affaires, l’offre «kids & teens» représente 12%. Nous proposons aussi du soutien scolaire tout au long de l’année. Je ne vous dis pas la problématique du français chez les enfants luxembourgeois: nous avons ces parents luxembourgeois qui envoient leurs enfants, moins pendant l’été mais pendant la période du 1er au 15 septembre juste avant la reprise. La majorité des inscriptions vient à ce moment-là d’enfants luxembourgeois pour les cours de français.

www.inlingua.lu - www.brexit.lu