LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le projet de centre de données semble patauger dans la semoule

Google au Luxembourg pourrai-t-il un jour s’écrire à l’indicatif présent? Pas pour tout de suite, visiblement. Vendredi sonnait la date limite fixée par le géant américain pour obtenir la garantie d’avoir un terrain de 25 hectares au Luxembourg pour y implanter un centre de données. Mais voilà, le feu vert des propriétaires concernés n’est - à l’heure d’écrire ces lignes - pas tombé.

Une source proche du dossier a expliqué que des représentants luxembourgeois ont encore rencontré des responsables de Google vendredi en Californie. Compte-tenu du décalage horaire et de la discrétion qui entoure le dossier, difficile d’en savoir davantage. Et lundi, Etienne Schneider est attendu en commission parlementaire Economie pour s’expliquer sur le dossier Google, à la demande du CSV peut-on lire sur le site web de la Chambre des Députés.

Un épilogue très attendu

Pour rappel, le géant américain de l’Internet ambitionne d’accroître son parc de centre de données européens avec une ouverture au Luxembourg. Le ministre de l’Economie Etienne Schneider avait d’ailleurs communiqué à ce sujet le 6 décembre dernier, via Twitter avec une photo de lui posant aux côtés du patron de Google Larry Page où il écrivait: «In San Francisco, I discussed the implementation of a major investment project in Luxembourg with the co-founder of Google Larry Page».

Cinq mois plus tard lors de la mission économique pilotée par le vice-Premier ministre et S.A.R. le Grand-Duc héritier Guillaume dans la Silicon Valley, on aurait pu croire à un «happy end» avec la signature d’un accord, d’autant que la presse luxembourgeoise avait fait le déplacement sur la côte Ouest des Etats-Unis. Mais au final, cette mission n’a débouché que sur des annonces concernant le projet SpaceResources.lu.

Sacré foncier

Début juillet, quelques éléments fuitent avec des informations de presse évoquant un investissement de l’ordre d’un milliard d’euros pour l’achat de terrains et la construction d’un centre de données au Luxembourg. Dans le pipeline, Bissen mais aussi Esch-Lallange. Si les intentions de Google apparaissent plus claires, reste à concrétiser le deal avec l’achat des terrains. Mais là, un bras de fer s’engage avec certains propriétaires ce qui met la patience du géant américain à rude épreuve. Il fixe une date limite au 14 juillet. On connaît la suite.

Une fois de plus, la question du foncier vient entraver un projet d’implantation de l’un des géants de la Silicon Valley. Comme le rappellent nos confrères du «Quotidien» dans leur édition de vendredi, un projet concernant un centre de données d’Apple avait déjà capoté en 2014, puis une implantation de Facebook et enfin de LinkedIn.

Equation complexe

Dans le cas de Google, l’équation semble encore plus complexe quand on connaît les besoins énormes en électricité - et par conséquent en solutions de refroidissement - pour ses infrastructures. Ajoutez à cela un appétit en énergie et en solutions «vertes» de plus en plus prononcé, et vous obtenez une belle énigme pour un pays de 2.586,4 km².

Bref, le tout n’est pas de trouver un terrain de la superficie nécessaire aux besoins du géant californien, encore faut-il qu’il soit adapté à ses desideratas.

En tout cas, cela n’est pas impossible puisque Google est déjà installé dans quatre localisations en Europe à savoir Dublin, Eemshaven (Pays-Bas), Hamina, (Finlande) et Saint-Ghislain (Belgique).