LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Un 4ème data center pour le géant américain en Wallonie, à 215 km de la frontière grand-ducale

Alors qu’un silence radio règne toujours sur ses projets au Luxembourg, Google a annoncé lundi un investissement de 600 millions d’euros du côté belge pour la construction d’un 4ème data center sur son site de Saint-Ghislain.

«Nous sommes fiers de faire de la Belgique notre chez nous depuis douze ans maintenant et sommes impatients de voir ce que les années à venir nous réservent», a commenté dans un communiqué de presse Frédéric Descamps, «Data Center Facilities Manager» pour Google.

C’est à 215 km de la frontière luxembourgeoise que le géant américain a inauguré, en 2009, son premier data center belge. Particularité: il est le premier au monde - dans le parc de Google - à fonctionner sans réfrigération. Un système de refroidissement par évaporation puise les eaux usées du canal industriel voisin du site pour refroidir les serveurs tout en réduisant la consommation énergétique.

Une grosse enveloppe pour «un maillon important»

Visiblement, Google se sent bien en Belgique puisqu’avec cette annonce, ses investissements totaux se chiffrent à 1,6 milliard d’euros. Si jusqu’à présent les enveloppes libérées fluctuaient entre 250 millions d’euros et 300 millions d’euros, le groupe monte cette fois à 600 millions d’euros. Son communiqué de presse ne précise pas les capacités additionnelles liées à ce quatrième centre de données. «Le site de Saint-Ghislain constitue un maillon important de l’infrastructure européenne de Google», renseigne Google dans son communiqué. Le géant dispose également d’un centre de données à Hamina en Finlande, à Dublin en Irlande et à Eemshaven aux Pays-Bas.

Actuellement, quelque 350 emplois directs sont générés par le site belge qui compte deux centres de données opérationnels et un troisième en cours de construction - de même qu’une grande centrale solaire générant 2,8 mégawatts d’électricité par an. Car la firme de Mountain View revendique un bilan carbone neutre depuis 2007, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables dans ses activités globales, entendez par-là ses centres de données et bureaux.

Du côté du Luxembourg, où Google a annoncé en décembre 2017 avoir «sécurisé» 33,7 ha de terrain à Bissen, la procédure de reclassement des seize parcelles suit son cours. Le géant américain n’a à ce stade pas clarifié ses intentions dans le pays, où il serait question d’un investissement de 1 milliard d’euros pour un data center.

Au jour où le groupe annonce 600 millions d’euros supplémentaires pour son site wallon, «je ne pense pas que cet investissement mettra celui au Luxembourg en question», a réagi pour le «Journal» le ministre de l’Economie Etienne Schneider. «Google a des besoins énormes (et croissants) en capacités de traitement des données», a-t-il ajouté.

Google estime à 3,2 milliards d’euros ses investissements totaux dans ses centres de données européens. Selon le groupe, les quatre implantations génèrent un impact de 5,4 milliards d’euros pour l’économie européenne. Du côté wallon, la directrice générale de l’agence d’investissement IDEA - citée dans le communiqué de Google - se montre enthousiaste. «Le numérique joue un rôle clé dans le développement économique local et la présence de Google s’inscrit dans une tendance plus large, car les centres de recherche, les universités et les start-up travaillent ensemble pour tirer le meilleur parti des possibilités offertes par le numérique», avance Caroline Decamps. Le troisième centre de données de Google en Belgique devrait être opérationnel d’ici à la fin de l’année tandis que le quatrième annoncé lundi se profile pour 2021.