STEINFORT
CATHERINE KURZAWA

La chocolaterie Genaveh veut devenir la référence au Luxembourg en matière de chocolat

Ce n’est peut-être pas la première spécialité culinaire qui viendrait à l’esprit du plus grand nombre, mais le chocolat - lui aussi - peut être luxembourgeois. Depuis quatorze ans, la chocolaterie Genaveh relève ce défi avec quelque 80 recettes différentes. En 2018, son atelier a fabriqué 9 tonnes de pralines et autres douceurs, des produits confectionnés par une équipe de cinq salariés.

«Ce n’est ni un chocolat belge, ni un chocolat français», résume Alexandra Kahn, la patronne de la chocolaterie artisanale. «Les chocolats sont à l’image du Luxembourg, un mix de tout», ajoute la jeune femme de 28 ans. Selon elle, ses produits empruntent la technicité belge tandis qu’au niveau des saveurs, ils se rapprochent de la France.

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Un rachat fin 2017

«Les chocolats sont les mêmes depuis toujours», insiste-t-elle. A l’origine de la chocolaterie, on retrouve Geula Naveh. Formée notamment chez Lenôtre, elle débute son activité chez elle avant d’ouvrir une chocolaterie et un magasin sur la route d’Arlon, à Strassen. Mais l’entrepreneuse tombe malade et décède, voici quatre ans. Son mari cherche alors à vendre l’entreprise. C’est alors qu’Alexandra Kahn reçoit un appel de son papa, qui vit au Luxembourg. La jeune femme travaille à l’époque à Hong Kong dans le conseil en marketing dans le luxe. Mais la diplômée en finance et gestion a une grande passion: la pâtisserie. Elle se lance d’ailleurs dans quelques stages dans le secteur, qui sont finalement interrompus: l’opportunité est là. La chocolaterie est rachetée en novembre 2017.

«Nous avons honoré nos commandes pour Noël puis nous sommes repartis sur de nouvelles bases», raconte Alexandra Kahn. Du logo au packaging en passant par la promotion de sa marque, elle applique certains principes hérités du secteur du luxe dans lequel elle a évolué pour ses produits. «Ce qu’on me disait, c’est que les chocolats sont excellents mais quand on les achète, la boîte ne laisse pas présager qu’ils sont aussi bons», se souvient-elle.

De la couleur bleu turquoise qui rappelle les écrins d’une célèbre marque new-yorkaise de bijoux à la mise en avant du «made in Luxembourg», Alexandra Kahn redessine sa marque. Elle lui donne aussi davantage de visibilité, grâce à un partenariat avec deux enseignes de grande distribution au Luxembourg: Auchan et Monoprix. Mais ses produits s’écoulent d’abord et avant tout dans des épiceries fines, des boutiques spécialisées et dans celle de l’atelier de Steinfort. «On propose de personnaliser les boîtes, les étiquettes et même les chocolats et cela, dans des délais rapides. Notre force, c’est d’être proche des clients et de pouvoir s’adapter», souligne la patronne.

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Résultat: on compte dans sa clientèle des entreprises à la recherche de cadeaux personnalisés mais aussi des restaurateurs. Si les chocolats sont principalement écoulés au Luxembourg, un premier revendeur a débuté à Thionville. «La Belgique est intéressante mais il faut voir comment trouver notre place sur ce marché», avance Alexandra Kahn.

Celle-ci ouvre aussi les portes de sa chocolaterie à des groupes d’enfants pour l’organisation de fêtes d’anniversaires pas comme les autres. Une manière aussi d’assurer le maintien des cinq emplois de l’entreprise toute l’année, malgré la saisonnalité du métier.

«Notre idée, c’est de devenir la référence en chocolat au Luxembourg», assure la dirigeante. En ce moment, elle planche sur les préparatifs de la gamme de Noël. Penser aux fêtes alors que l’atmosphère à l’extérieur est plutôt estivale, c’est la particularité de ce métier pour lequel la jeune femme a craqué.

www.chocolaterie-genaveh.com