LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Sans surprise, le secteur financier est celui qui rémunère le mieux

Les clichés ont la vie dure, mais les salaires de la place financière restent plus qu’attractifs, indique vendredi le Statec dans sa dernière édition de «Regards». Ainsi, le salaire annuel moyen brut d’un équivalent temps plein (ETP) ayant travaillé toute l’année est de 65.801 euros en 2018. Ce montant comprend l’ensemble des rémunérations perçues (comme par exemple toutes sortes de primes, heures supplémentaires, 13e mois et bonus de fin d’année). Le Statec note ainsi que le secteur financier est trois fois plus rémunérateur que l’horeca, selon les résultats de l’enquête sur la structure des salaires en 2018.
Le classement des secteurs par niveau du salaire moyen n’a pas changé par rapport à l’enquête précédente du Statec de 2014. En tête, on retrouve toujours le secteur des activités financières et d’assurance, avec un salaire moyen par équivalent temps plein de 99.250 euros, suivi de très près par l’enseignement avec 98.835 euros. Viennent ensuite les activités spécialisées, scientifiques et techniques avec 88.721 euros et l’administration publique avec 86.582 euros. A l’inverse, les salaires les plus bas sont payés dans le commerce, la construction, les services administratifs et de soutien (nettoyage, gardiennage, etc.) et l’horeca.

La moyenne est «tirée vers le haut»

Si l’on y regarde d’un peu plus près, le salaire médian est inférieur au salaire moyen (49.548 contre 65.801 euros). Le Statec rappelle que la moyenne correspond tout simplement à la somme de tous les salaires divisés par le nombre de salariés, alors que la médiane correspond au niveau de salaire pour lequel 50% des salariés gagnent un salaire supérieur et 50% gagnent un salaire inférieur. Concrètement, si la médiane s’élève à 49.548 euros, cela signifie que 50% des salariés se trouvent en dessous de ce montant et les autres 50% au-dessus. La moyenne est «tirée vers le haut» si quelques personnes gagnent des salaires extrêmement élevés, alors que le niveau de la médiane n’est pas impacté par le niveau de ces valeurs extrêmes.
Dans certains secteurs, la moyenne est proche de la médiane, ce qui signifie que les salaires sont plutôt homogènes dans ces secteurs. C’est le cas par exemple dans l’enseignement, l’administration publique, la santé ou l’horeca. Dans d’autres secteurs toutefois, la moyenne dépasse largement la médiane, ce qui indique une hétérogénéité plus importante avec certains salaires parfois très élevés. C’est le cas dans le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques, le commerce, le secteur de l’information et de la communication, ou encore celui des activités financières et d’assurance. Le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques a connu une hausse des salaires, et dans une moindre mesure des activités financières et d’assurance, de l’administration publique, de l’information et des télécommunications et de la santé et de l’action sociale. Dans d’autres secteurs, comme par exemple l’horeca et l’industrie, les salaires sont bas et ont connu une faible croissance, indique le Statec.
Les différences se retrouvent également parmi les nationalités. Ainsi le Statec indique dans son étude qu’un résident étranger gagne en moyenne 82% du salaire d’un résident luxembourgeois, un frontalier 72%. Dans tous les secteurs, les salaires moyens des résidents luxembourgeois dépassent ceux des deux autres groupes, à quelques exceptions près: le salaire moyen des résidents étrangers est le plus élevé dans les secteurs de l’information et des communications, les activités financières et d’assurance ainsi que le commerce; et le salaire moyen des frontaliers est le plus élevé dans la santé et l’action sociale. Parmi les directeurs et cadres de direction, le salaire moyen des résidents étrangers dépasse de 15% celui des luxembourgeois. Néanmoins, force est de constater que pour un même niveau d’éducation, les salaires moyens des résidents étrangers et des frontaliers sont inférieurs à celui des résidents luxembourgeois.