VILLERUPT
CHRISTIAN SPIELMANN

Un premier weekend passé à Villerupt

Le 41ième Festival du Film Italien de Villerupt a été ouvert par une pléiade de discours très longs, mais tradition oblige. Déjà une tendance se cristallise, des histoires de familles. Ainsi, «A casa tutti bene» de Gabriele Muccino raconte comment les retrouvailles d’une famille sur une île pour les noces d’or d’Alba (Stefania Sandrelli) et de Pietro (Ivano Marescotti) tournent à des règlements de comptes entre les différents membres. Avec Stefano Accorsi, Pierfrancesco Favini, Claudia Gerini, Massimo Ghini, Sabrina Impacciatore, Sandra Milo et Valeria Solarino, la distribution n’est pas la moindre pour ce drame reste à voir.

Mère et fils

Barbora Bobulova, qui a reçu l’Amilcar de la ville de Villerupt, joue dans «Saremo giovani e bellissimi» de Letizia Lamartire une femme, Isabella, qui jadis était une chanteuse populaire. Comme mère elle élève seule son fils Bruno (Alessandro Piavani), qui est aussi musicien, et l’accompagne lors des concerts qu’elle donne encore. Une autre chanteuse entre dans la vie de Bruno, Arianna (Federica Sabatini), et la relation mère-fils bascule. La façon de Bobulova d’interpréter cette femme désespérée avec beaucoup de sentiments, fait que le film se place au-dessous la moyenne, car la trame est démunie de surprises.

Anna Foglietta interprète Miriam dans «Un giorno all’improvviso» de Ciro D’Emilio. Elle vit seule avec son fils Antonio (Giampiero De Concilio). Le père ne veut rien savoir de son fils. Une occasion unique se présente à Antonio. Il est sélectionné pour passer un test auprès du football-club de Parme. Sa mère est instable et risque donc de perdre la garde si elle retombe dans la dépression. Quoique bien joué, la logique manque dans un acte grave d’Antonio et de son copain Peppe (Giuseppe Cirillo).

La compétition

«Hotel Gagarin» de Simone Spada débute sur une bonne idée. Franco Paradiso (Tommaso Ragno) engage une troupe pour tourner un film en Arménie. Elio (Claudio Amendola), Sergio (Luca Argentero), Nicola (Giuseppe Battiston), Valeria (Barbora Bobulova) et Patrizia (Silvia D’Amico) partent pour ce pays et sont logés dans un hôtel mondain de l’ancien régime communiste, l’Hôtel Gagarin. Ils y restent coincés pendant quelques mois suite à une pseudo guerre. Paradiso réussit à filer avec tout le budget. A ce moment les idées se font rares et l’histoire piétine. Seulement dans le dernier tiers le film prend une ampleur intéressante par le fait que la troupe met en scène les rêves des habitants d’un village proche.

Pippo Mezzapesa raconte dans «Il bene mio» comment Elia (Sergio Rubini) persiste à vivre dans son village Provvidenza, quoique les maisons sont en ruine depuis un tremblement de terre qui a coûté la vie à beaucoup de gens, notamment sa femme. Il est perdu entre ses souvenirs et des touristes que son ami Gesualdo (Dino Abbrescia) amène en autocar. Un jour, il découvre une refugiée, Noor (Sonya Mellah), cachée dans une maison abandonnée. C’est surtout la fin qui fascine et remet Elia dans une autre lumière que celle d’un rebelle qui s’obstine à quitter son village.

A ne pas manquer est cependant «L’uomo che comprò la luna» de Paolo Zucca. Parce qu’un sarde s’est déclaré propriétaire de la lune, le gouvernement charge Badore (Benito Urgu) de faire de Kevin un sarde, afin que ce dernier puisse s’infiltrer au peuple de l’île et repérer cet usurpateur. On peut s’attendre à 103 minutes remplies d’idées et de gags incroyables. Jusque là, un chef d’oeuvre se fait encore attendre au Festival de Villerupt.

Toutes informations sur le programme et les films se trouvent sur www.festival-villerupt.com