MUNSBACH
CATHERINE KURZAWA

Le bénéfice de Luxair a continué à décoller en 2018 mais le groupe se montre prudent

Avec un bénéfice net de 12,5 millions d’euros, LuxairGroup a progressé de 31% en 2018. Ses dirigeants n’ont cependant pas sabré le champagne mardi lors de leur conférence de presse. «2018 était une bonne année, 2019 sera un défi», a résumé Adrien Ney, directeur général et président du comité de direction de LuxairGroup. Son résultat d’exploitation (EBIT) a fondu de 60% à 800.000 euros.

La compagnie aérienne Luxair a particulièrement été affectée, accusant une chute de son EBIT (-59%), avec une perte de 10 millions d’euros. En cause, la hausse des coûts du kérosène mais aussi celle de 14% de l’activité de la flotte de l’opérateur, qui pointe désormais à 19 appareils. Dans un contexte concurrentiel ardu, Luxair entend jouer la carte des fréquences élevées, des horaires de vols, de la desserte d’aéroports centraux, de la qualité et de l’attention portée aux passagers. «Il n’y a pas de remède miracle», a indiqué son directeur.

Alors qu’en 2010 Luxair jouissait d’une part de marché confortable de 76% à lux-Airport, celle-ci a atterri à un peu moins de 53% l’an dernier. De nouvelles compagnies aériennes ont gonflé le tableau des départs, dont les opérateurs à bas coûts. Ils représentent 46% de la capacité totale en Europe, contre 50% pour les compagnies classiques et 4% pour les régionales, comme Luxair. Cette pression s’en ressent dans les résultats opérationnels de la compagnie: certes, elle a gonflé son nombre de passagers de 11% à 2,1 millions, mais son taux de remplissage est resté stable à 64%, loin derrière des opérateurs majeurs tels que le groupe Lufthansa qui pointe à 83%. La concurrence met aussi la pression sur les prix: 65% des tickets vendus l’étaient à un tarif d’entrée, contre 64% en 2017.

LuxairTours et l’assistance aux passagers au beau fixe

Dans les autres métiers du groupe, le bilan est contrasté. Le catering a reflué de 28% à 1 million d’euros et LuxairCARGO de 23% à 3,9 millions d’euros.

En revanche, l’assistance aux passagers a surfé sur la croissance de lux-Airport et rapporté 2,9 millions d’euros (+20%) tandis que les activités de LuxairTours ont généré 9,7 millions d’euros (+35%).

«Les packages sont plus lucratifs pour nous, il n’y a pas de secret», a commenté Adrien Ney. L’opérateur a profité de l’apaisement politique dans les pays du sud de la Méditerranée pour faire le plein de touristes. Plus de 30.000 nouveaux passagers ont été transportés en 2018, dont 60% vers l’Egypte, la Tunisie et la Turquie. Quant à la nouvelle destination hivernale Ras Al-Khaimah, «on était satisfait mais pas super contents», a expliqué Alberto Kunkel, vice-président en charge du tour opérateur. 3.000 passagers ont opté pour la destination émiratie, avec un taux de remplissage de 60%. Celle-ci sera maintenue l’hiver prochain mais avec des modifications: dix à quinze hôtels situés à Dubaï seront proposés, avec un transfert au départ de l’aéroport de Ras Al-Khaimah inclus, tandis que les horaires des vols seront adaptés pour avoir lieu durant le weekend.

Luxair entend profiter de l’accroissement de sa flotte avec l’arrivée cette année de deux nouveaux Boeing 737-700 pour gonfler sa capacité et étendre son réseau. «On regarde en permanence les nouvelles destinations possibles», a assuré Adrien Ney. Mais la compagnie fera face aux fluctuations des cours de l’or noir, avant une année 2020 marquée par la réfection de la piste du Findel. «Ça sera un défi pour toutes les compagnies basées à Luxembourg», a admis le directeur qui dit avoir déjà adapté les horaires des vols avec des retours à 22.30 plutôt que 23.00. Plus que jamais, l’horizon reste trouble pour la compagnie luxembourgeoise. Celle-ci a d’ailleurs fait une croix sur les dividendes pour l’exercice 2018. Prudence oblige.

www.luxairgroup.com