LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le nouveau ministère de la digitalisation ravit Gérard Hoffmann

La création d’un ministère de la digitalisation, avec un ministre ainsi qu’un ministre délégué, est un message fort pour le secteur IT qui était très demandeur. Ce dernier souhaite que la digitalisation interne du pays s’intensifie, pour l’intérêt des entreprises et du pays en général. Gérard Hoffmann, président de Fedil ICT et Vice-Président de ICTluxembourg, nous explique pourquoi.

Le nouveau gouvernement est doté d’un ministre de la digitalisation, ainsi que d’un ministre délégué, c’est une nouvelle que vous attendiez?

Gérard Hoffmann C’était en tout cas une demande du secteur, de mettre plus l’accent sur le digital. En ce qui concerne la digitalisation interne de l’Etat, nous avons besoin de rattrapage. Dans les classements internationaux, tout va bien concernant nos infrastructures, sauf pour ce qui est de la digitalisation en interne.

Le Luxembourg a déjà beaucoup fait pour son image, pour attirer de grands noms d’entreprises IT, comme Amazon ou Paypal, Google a montré son intérêt pour y installer son data centre, le Luxembourg commence à se faire un nom pour que les entreprises viennent investir. 

C’est une image forte d’avoir accordé deux ministres pour la digitalisation?

Hoffmann Oui, avoir le Premier ministre en charge, c’est fort, et c’est d’autant plus fort d’avoir choisi Marc Hansen qui est aussi en charge de la réforme administrative, les deux sont liés, cela se complète. 

Est-ce que le secteur IT a été impliqué dans la formation de ce ministère, est-ce que vous serez consultés à l’avenir?

Hoffmann Nous avons été impliqués dans le sens où nous avons soumis une note pour le programme de coalition. Pour ce qui est de notre collaboration future, je ne suis pas dans le secret des dieux puisque le gouvernement vient d’être formé, mais il faut plus de moyens pour avancer, c’est certain. 

Pourtant Digital Lëtzebuerg avait déjà posé de bonnes bases, qu’est-ce qui va changer avec ce ministère?

Hoffmann Il sera impossible d’avancer sans budget supplémentaire. Digital Lëtzebuerg a été une pépinière, et je pense que ce sont ces équipes qui vont travailler sur ces projets, avec plus de moyens cette fois et surtout plus de visibilité. 

Quelles seraient les priorités à mettre en place rapidement selon vous?

Hoffmann Il va falloir d’abord faire un inventaire de tout ce qui existe, puis faire en sorte d’avoir des résultats rapidement, des résultats visibles pour tout le monde. L’important est que les entreprises soient incitées à s’y mettre, par exemple avec la facturation digitale obligatoire, il va falloir « forcer » certaines procédures électroniques pour que toutes les entreprises les adoptent. Il faut être plus exigeant avec les entreprises. Avec les citoyens, il faudra faire attention à ne pas en exclure certains bien sûr.

C’est avant tout une question d’image?

Hoffmann C’est un élément important, il faut que cela soit visible car c’est ce qui manque au pays pour attirer d’autres entreprises, des investissements.

Mais à terme,  c’est une meilleure productivité pour le pays.