LUXEMBOURG
BARBARA BUCK

Pour la 18ième fois déjà, la Journée Mondiale de la Prévention du Suicide a lieu ce 10 septembre. Instaurée par l’Association Internationale pour la Prévention du Suicide en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé en collaboration avec la Fédération Mondiale pour l’Hygiène Mentale, cette journée vise à sensibiliser à une problématique encore tabouisée. Tous les ans, plus d’un million de personnes dans le monde mettent fin à leurs jours. Barbara Bucki, Docteur en psychologie et en sciences sociales au Centre d’Information et de Prévention de la Ligue fait le point sur la situation au Luxembourg et les bons réflexes à adopter face à des réflexions suicidaires.

«Les chiffres remontent toujours un peu, parce qu’il faut un certain recul pour dresser un bilan des suicides. En 2017, 66 suicides ont été enregistrés au Grand-Duché, l’année d’avant, on en comptait 61. Par rapport aux années précédentes, avec une moyenne d’entre 75 et 80 cas, il s’agit d’une baisse notable. Reste à voir dans quelle mesure le Plan national de prévention du suicide, lancé en 2015 avec l’objectif de mieux coordonner les efforts de prévention entre les différents acteurs, mais aussi de sensibiliser davantage le grand public, a contribué à cette évolution.

Certaines actions de ce plan ont reçu le feu vert pour leur continuation en 2020. Nous sommes ainsi contents d’avoir pu poursuivre le projet d’envergure “Premiers secours en santé mentale”. Il s’agit d’un programme basé sur un modèle australien, utilisé dans quelque 25 pays aujourd’hui et visant la déstigmatisation des troubles mentaux par une meilleure information du grand public. Ce webinaire de 12 heures en quatre blocks de trois heures a connu un énorme succès et les listes d’inscription au programme ont été vite clôturées. Or, il est fait pour durer et d’autres cours sur les troubles mentaux sont en perspective, également en présentiel.

Il est très important d’en parler, surtout aussi des dépressions dont souffrent 60 à 70% des personnes qui se suicident. A noter que chacun peut contribuer à éviter de tels drames. Déjà en se prenant le temps d’écouter une personne en détresse psychologique. Quand on entend des pensées suicidaires dans son entourage, la première chose à faire, c’est de ne pas paniquer. La seconde d’essayer d’approcher la personne concernée. C’est d’ailleurs une idée reçue que de penser qu’une telle approche peut encore aggraver les choses. Au contraire: pour les personnes suicidaires, c’est un premier soulagement que quelqu’un attrape la perche qu’ils tendent pour ne pas être seuls dans leur détresse.

Dans une conversation avec une telle personne, il faut l’écouter, essayer de comprendre sa situation et surtout pas la juger. L’essentiel, c’est d’arriver à faire renaître un espoir chez cette personne, en lui faisant apercevoir des pistes de sortie qui peuvent être préparées ensemble avec des professionnels de la santé bien entendu. Aucune situation n’est inextricable et nous sommes tous concernés par la santé mentale qui sera d’ailleurs au coeur d’une semaine dédiée du 3 au 10 octobre prochain.»

Plus d’informations sur www.semainesantementale.lu