LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Catherine Salata a lancé «Organic station», une gamme de produits sains

Le petit creux de 16.00 ou 17.00, cela parle à pas mal de gens. Les prévoyants ont toujours un petit en-cas, les autres résistent, et ceux qui ont une machine dans leur entreprise succombent aux sucreries qui y sont vendues. C’est à partir de cette constatation que Catherine Salata a décidé de se lancer dans un business de snacks sains. Mais cette idée est venue à la fin d’un long processus de réflexion. Cette Polonaise amoureuse de la langue française a fait des allers-retours professionnels entre la France et le Luxembourg avant de se poser plus durablement au Grand-Duché l‘année dernière.  
C‘est poussée par son mari qu’elle rejoint le programme dédié aux femmes de la Chambre de commerce polonaise (WEP - Entrepreneurial Women’s Project): «J’ai rejoint ce programme car j’étais curieuse, je voulais me bâtir un réseau et surtout apprendre de nouvelles choses. Le seul problème c’est que je n’avais pas d’idée de business! Je me suis donc plongée dans mes propres intérêts qui tournent autour de la vie saine, la nourriture bio, le sport». Elle consacre donc tous ses samedis après-midi au programme et ne lâche pas, elle prend confiance et se trouve stimulée par l’environnement d’entraide entre les candidates avec qui elle est toujours en contact aujourd’hui.
Elle finit donc par se dire que les snacks dans les machines en entreprise pouvaient être grandement améliorés pour ceux qui se soucient de leur bien-être: «Il fallait trouver une alternative aux bonbons, j’ai commencé à apporter mes propres snacks qui ont eu un grand succès auprès de mes collègues, ils disparaissaient très vite de mon bureau! Un mélange de fruits secs et de chocolat noir est beaucoup plus sain et permet de lutter plus efficacement contre le “coup de barre” de l’après-midi», raconte la jeune entrepreneuse. Résultat, elle gagne le troisième prix du programme: «Je m’étais dit que si je gagnais quelque chose, alors je me lancerais, du coup je n’ai pas vraiment eu le choix».  

Certification bio

Elle passe une bonne partie de l’année 2019 à travailler sur son projet avant de se lancer à proprement parler en... mars dernier. La crise a fortement freiné les élans de la jeune femme: «Chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement doit être certifié bio et la crise n’a fait que ralentir encore plus les étapes, je ne pensais pas que cela prendrait tant de temps», avoue-t-elle.  
Au jour de l’interview, Catherine Salata attendait encore la certification de ses produits, alors que tout le reste est quasi prêt: packaging, site internet, logos et matériel pour aller chercher des clients dès que les échantillons seront prêts, dans un mois. L‘entrepreneuse vise les magasins bio où elle assure pouvoir vendre ses produits beaucoup moins chers que ce que l’on trouve sur le marché.  
Devenue vegan il y a quelques mois, Catherine Salata cherchait des protéines végétales pour équilibrer son nouveau régime alimentaire. Elle trouve son bonheur, mais les prix sont prohibitifs: «Il faut un complément en protéines quand on est vegan et qu’on fait beaucoup de sport, la demande est là. J’ai trouvé des protéines végétales bio, mais pas forcément saines et c’était surtout très cher. Je pense pouvoir proposer quelque chose d’équivalent et de sain moitié moins cher. J’ai trouvé par hasard de bons produits à Malte qui venaient en fait de Pologne». L’idée est de les embaucher comme sous-traitant et de vendre ces produits via sa propre marque.  
Si le programme lui a donné une bonne base, ainsi qu’une aide précieuse de la House of entrepreneurship pour déjouer la paperasse administrative, les choses n’ont pas été aussi rapides qu’espéré: «Je pense qu’il faut juste accepter l’inconnu», estime-t-elle. Ainsi, Catherine Salata est toujours employée à temps plein et doit jongler avec son activité qui prend de plus en plus de place. Si elle passe toutes ses pauses déjeuner à l’espace de co-working Paladium pour travailler, elle y consacre aussi ses soirées car l’espace est accessible 24h/24, les weekend, et une partie de ses vacances: «Ce n’est pas facile de développer ce projet avec un emploi à côté, mais il faut trouver du temps pour le faire», raconte celle qui n’a pas pour autant abandonné la pratique sportive, le matin avant le travail.  
Finalement, son idée de snacks en entreprise est mise en stand-by, «trop complexe à lancer pour le moment car ces snacks sont constitués de trois types d’ingrédients, je les garde donc pour plus tard avec toujours cette idée de machines dans les entreprises», et se concentre actuellement sur les protéines végétales qui sont déclinées en chanvre, petit pois, riz et le mélange des trois avec un packaging qu’elle a imaginé et conçu.  
Pour ce qui est de se lancer à temps plein dans son affaire, Catherine Salata y pense de plus en plus en admettant à demi-mots qu’il faudra un jour se décider à quitter le confort du salariat: «Les femmes sont bonnes en affaires, mais ce qui leur manque le plus c’est la confiance en soi. Avec ce programme, j’ai été motivée en voyant le soutien que l’on se donnait mutuellement, mais aussi les femmes coach qui ont servi d’exemples. C’est dur de se confronter à soi-même, mais l’on apprend aussi beaucoup sur soi, il ne faut pas lâcher».