LUXEMBOURG
DAMIEN BREVERS

Damien Brevers est chercheur post-doctorant à l’Université du Luxembourg au sein du laboratoire du Professeur Joël Billieux (Addictive and Compulsive Behaviours Lab). Il est spécialisé dans l’étude des jeux d’argent et de hasard. Actuellement, les travaux du Dr. Brevers portent sur l’examen de l’activité du cerveau associée aux comportements de paris sportifs. En effet, le fait de placer de l’argent sur des résultats sportifs devient de plus en plus fréquent. Cette hyperaccessibilité aux paris sportifs pose notamment question quant à l’impact de cette nouvelle offre de jeux d’argent sur la qualité de vie des usagers, et notamment de leur rapport envers leur passion du sport.

«Je travaille sur un projet de recherche en neuroimagerie qui porte sur les paris sportifs, et en particulier ceux liés au football. Les paris sportifs sont très facilement accessibles, en quelques mouvement de doigts via une simple ouverture d’applications sur votre smartphone. Ainsi, chaque match fait l’objet de paris, avec la possibilité de réaliser des paris non-seulement sur le score mais également sur une multitudes d’événements et d’actions qui ont lieu durant le match. Dans ce contexte, je voudrais mieux comprendre ce qui se “passe dans le cerveau” des fans de football lorsqu’ils regardent un match associé ou non à des paris sportifs. Ainsi, nous recrutons  des fans de football qui ont une grande connaissance des championnats, et qui varient selon leur fréquence de paris sportifs. Nous avons fait le choix de nous intéresser uniquement au football, car c’est un sport populaire, ce qui permet donc de recruter un large échantillon de participants passionnés par le même sport.

Un point central sera de savoir si un fan, qui a l’habitude de parier, sera toujours aussi passionné par un match lorsque celui n’est pas associé à un pari. Il s’agit d’une question importante, notamment pour des individus qui souhaitent arrêter ou diminuer les habitudes de paris sportifs.  Dans l’ensemble, notre travail vise à extraire les marqueurs cérébraux qui varient en fonction de variables situationnelles (par exemple: incertitude du résultat du match, importante du match), et individuelles (par exemple: niveau de passion/expertise envers le football, fréquence de la pratique de paris sportifs, niveau d’addiction aux jeux d’argent).

Par ailleurs, les paris sportifs sont en plein vide juridique au Luxembourg, la législation n’est pas du tout claire sur le sujet si bien qu’il est difficile d’actuellement mesurer la portée de ce type de conduite dans le pays. Mais de fait, il est possible de parier via des plateformes frontalières. De plus, les publicités pour les paris sportifs (jusqu’à 40 sur un match de football) sont également présentent lorsque l’on regarde un match de championnat européen via des chaines d’autres pays ou via internet.»