Des fronts, il y en partout dans le monde pour l’instant - en Ukraine, en Iraq, à Gaza, en Syrie, en Libye, au Soudan, en Afrique de l’Ouest, où la lutte contre le virus Ebola et ses conséquences désastreuses est loin d’être gagnée. Une vague de mauvaises nouvelles nous tombe dessus presque tous les jours, ce qui ternit logiquement le moral. Et sans doute que les tensions internationales y sont aussi pour quelque chose dans la dégringolade de l’indicateur de confiance des consommateurs établi par la Banque Centrale du Luxembourg. En août, il a de nouveau dévissé de quatre points dans le rouge, soit huit points de moins par rapport à juin où il était positif pour la première fois depuis juillet 2011. Au niveau des anticipations concernant la situation économique générale au Luxembourg sur les douze prochains mois, la composante de l’indicateur a plongé dans le rouge de dix points en un mois. Rien d’étonnant en somme, alors que, contrairement aux attentes, la reprise conjoncturelle en zone euro qui s’amorçait péniblement depuis le premier trimestre de l’année dernière s’est de nouveau infléchie au second trimestre de l’année en cours, selon Eurostat.

Sans doute aussi que l’érosion de l’optimisme chez notre partenaire commercial numéro un, l’Allemagne, ne laisse pas de marbre consommateurs et entreprises au Grand-Duché. Sans parler de l’instabilité politique et des problèmes économiques dans nos deux autres voisins, la France et la Belgique. Pessimistes, les Luxembourgeois le restent aussi face àl’évolution du chômage - qui pourrait atteindre cette année un nouveau record - et face à la situation financière de leur ménage, tandis que l’indicateur sur la capacité d’épargner des ménages est retombé au plus bas. L’indicateur de confiance risque de toucher de nouveaux fonds dans les prochains mois. Car au Luxembourg aussi, une pléthore de «fronts» va s’ouvrir, comme l’a annoncé le Vice-Premier ministre et super-ministre de l’Economie, de la Sécurité intérieure et de la Défense dans une interview avec «Le Jeudi» cette semaine. Etienne Schneider y a notamment fait part d’une centaine de mesures pour soulager le budget de l’Etat, coupures dans les frais de fonctionnement en avant. Ces mesures, qui n’épargneraient personne selon le socialiste, il est à présent temps de les détailler et de les discuter en public.

Car le temps presse, alors que le pays devra composer avec les conséquences de pas mal de changements: un nouveau régime de la TVA sur le commerce électronique, l’échange automatique d’informations fiscales, etc. Tout le monde est d’accord que la durabilité des finances publiques vient au prix de réformes en profondeur. Tout le monde s’accordera aussi à dire que rares sont les gouvernements qui ont eu à se battre simultanément sur autant de fronts urgents. L’opposition politique, et en particulier le CSV, est elle aussi attendue au tournant pour proposer des solutions d’avenir au lieu de ne chercher qu’à tacler les ministres.

De même, les partenaires sociaux sont attendus au tournant pour renouer un dialogue vraiment équlibré et fructueux. Conditions de base pour la relance pérenne et le renouveau de confiance dont ce pays a besoin. D’où cela viendrait-il, sinon de nous-mêmes?