LUXEMBOURG
GWEN TEIXEIRA

Comment Mélanie Marques a fait de sa passion sa carrière

Mélanie Marques a travaillé dur pour transformer son rêve en réalité. A 25 ans, la jeune femme, qui est née et a grandi au Luxembourg, a déjà pu démontrer son talent en participant à diverses publicités tournées au Grand-Duché et également en dansant lors d’émissions télévisées en direct en Belgique dont «The Voice Senior» et «Red Nose Day». Rencontre avec une passionnée.

Quand as-tu commencé à danser?

Mélanie Marques J’ai commencé à danser à l’âge de quatre ans. Mes parents m’ont inscrit à la «Jeanette Hutchines School of Dance», où j’ai participé au programme de la «Royal Academy of Dance» de Londres. On peut le comparer au système scolaire ici au Luxembourg, car on doit suivre différents cours et classes pendant sept ans, puis passer et réussir certains examens.

Après ces sept premières années et en réussissant des examens, les élèves passent à une étape supérieure et à des stages dans différentes villes étrangères telles que Paris et Anvers. Je fais partie de ce programme depuis plus de 20 ans, ce qui m’a permis d’apprendre différentes techniques dans de multiples genres de danse. Pour être tout à fait honnête, même pendant mon éducation scolaire classique, je mettais toujours la danse en première place, ça a toujours été ma priorité. J’avais l’impression que je n’étais pas 100% moi, si je n’étais pas capable de danser. C’est une partie de moi, on ne peut pas me séparer de la danse.

Cependant, j’ai grandi dans un milieu, entourée de gens, qui ne croient pas en un métier artistique, c’est pourquoi, après le lycée, je me suis inscrite en école de commerce. Il est très difficile de faire comprendre aux gens que tout le monde n’est pas fait pour travailler dans une banque ou dans un bureau, de 8.00 à 18.00. Donc, même si la danse était déjà à cette époque, ma priorité, j’ai dû terminer mon éducation et me concentrer sur cela. La possibilité de faire de ma passion ma carrière, étant alors encore très distante.

À quel moment as-tu décidé qu’il était possible de transformer tton rêve en réalité?

Mélanie En 2014, alors que j’avais 20 ans, j’ai réalisé que mon éducation en commerce n’était pas mon avenir. Pour m’aider à trouver le droit chemin, je suis partie à Los Angeles pendant les mois d’été. C’était la première fois que je rencontrais des gens actifs dans l’industrie de la danse et cela a ouvert mon horizon à ce sujet! J’ai énormément appris de ces danseurs professionnels ainsi que des étudiants, il y a eu un échange incroyable qui m’a permis de réaliser que moi aussi, j’étais capable de le faire, même si cela semblait impossible au Luxembourg à cette époque.

À ce moment-là, j’ai pris la décision de tenter ma chance sachant que cela implique beaucoup de travail et de courage. J’étais étudiante à plein temps dans une université en Belgique, mais j’essayais également de développer ma carrière de danseuse. Après un an, j’ai décidé de me consacrer à 100% à la danse et c’était la meilleure décision que j’ai prise jusqu’à ce jour. J’étais prête à passer à l’étape suivante, donc j’ai commencé à poser les bonnes questions au bonnes personnes. Mes voyages annuels à Los Angeles m’ont permis d’améliorer ma technique et d’obtenir des contacts et des jobs afin de me construire une réputation.

Quelle a été la réaction quand tu as décidé d’entamer ta carrière de danseuse?

Mélanie J’ai reçu beaucoup de critiques négatives, non seulement de la part de mes proches mais également de la part d’étrangers, qui ne pouvaient tout simplement pas comprendre mon choix. Je conçois que pour les Luxembourgeois, il est très peu conventionnel de se lancer dans une carrière dans la danse mais je voulais juste qu’ils respectent mon choix.

La communauté de la danse pour sa part, du moins celle à laquelle j’appartiens, est très accueillante et diversifiée. Non seulement nous nous défions tous les jours les uns les autres, mais on apprend beaucoup aussi. C’est rafraîchissant et je me sens à l’aise dans ce milieu. J’ai eu l’opportunité de rencontrer tellement de gens de différentes cultures que je ne m’arrête jamais de m’enrichir.

Quel serait le point culminant de ta carrière?

Mélanie C’est une question très difficile, car je ne pense pas qu’il en existe un. J’ai eu l’occasion de travailler sur tant de projets formidables et d’une manière ou d’une autre, je peux même pas y croire.

Si jamais j’ai la chance de faire partie d’une tournée, je suppose que cela serait le couronnement. Je crois qu’on ne peut jamais cesser de s’améliorer, le ciel est la limite. Une chose qui me tient à coeur, c’est de développer le monde de la danse ici au Luxembourg en organisant des événements et des ateliers. Certains de mes collègues danseurs et moi, nous travaillons ensemble sur des projets afin de montrer aux gens qu’il est possible de faire carrière sur base d’une passion, pour moi la danse.