LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les fondatrices de GreeLo manquent de financement

C’était un projet scolaire qui avait commencé en novembre 2019. Laurence Habscheid, Sara Abreu et Lateesha Felani Heck ont participé à la 9ème édition du programme Young Enterprise Project (YEP) de l’asbl Jonk Entrepreneuren. Les jeunes femmes, étudiantes en BTS qui ont entre 23 et 24 ans, ont planché sur une idée de business réalisable: «Nous avions plein d’idées, mais il fallait un projet qui tienne la route».
Le projet GreeLo est venu de Laurence Habscheid qui est parti d’un principe simple, en observant ce qui se passait chez elle: «Ma mère a un jardin, les arbres donnent beaucoup de fruits. On les mange mais c’est trop pour nous, alors on en donne aux proches, aux voisins, mais parfois c’est tout simplement gâché. Nous avons donc eu l’idée de créer une plateforme pour mettre en relation ce qui ont des surplus de leur jardin ou de leur potager, et ceux qui veulent acheter une production locale et en direct à prix raisonnable».

Proposer des prix justes

Le but n’est en effet pas de faire fortune, mais de rémunérer les jardiniers privés, tout en proposant des prix justes: «Quand on voit le prix des cerises dans les supermarchés alors que c’est la pleine saison et qu’on en voit partout sur les arbres, je vois beaucoup trop de gâchis alors que la plateforme pourrait aider. Aujourd’hui seules les petites annonces sur Facebook ou Luxbazar permettent la mise en relation, mais ce n’est pas très efficace».
Consommer local, éviter le gaspillage, le concept de GreeLo a été retenu comme gagnant du programme YEP. Les jeunes femmes sont allées à la finale européenne, mais sont revenues bredouilles, «notre projet n’est pas assez à connotation sociale, c’est dommage», regrette Laurence. A la clé de l’édition luxembourgeoise néanmoins, un an de compte en banque à la BIL, ainsi que du coaching pour que le projet prenne vie. Si les trois co-fondatrices ne manquent pas d’idées, elles manquent cruellement de fonds pour démarrer leur activité: «Rien que pour le site internet de la plateforme, nous avons eu un devis de 17.000 euros! Nous espérions trouver des investisseurs au concours européen, mais ça n’a pas été le cas», raconte la cofondatrice. Mais cette dernière ne désespère pas.
Solution moins chère, autres modèles de financements, les solutions ne manquent pas: «Nous avons demandé une subvention à la Chambre de Commerce, mais nous attendons encore une réponse. Ou alors il faudra compter sur notre épargne, une levée de fonds auprès de nos proches, ou un prêt auprès d’une banque».
Lutter contre le gaspillage, c’est ce qui anime Laurence qui voit dans son projet de plateforme un moyen de rassembler de petits producteurs privés et des clients qui sont sensibles à leur consommation et veulent privilégier les circuits courts. Encore une fois, les idées ne manquent pas: «Le potager c’est saisonnier au Luxembourg, c’est pourquoi on veut créer des workshops et vendre des tutoriels vidéos en plusieurs langues pour cuisiner et conserver les légumes, toujours dans l’optique d’éviter le gaspillage. Nous voudrions créer également des workshops pour inciter les gens à créer leur propre potager, car il y a beaucoup de terrains et d’espaces verts qui pourraient être exploités dans le pays», explique Laurence.