LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Mava Univers propose des instruments de musique d’apprentissage pour enfants

Au Luxembourg depuis maintenant sept ans, Vaiva Simonaviciute a commencé sa réflexion sur le lancement de sa propre entreprise il y a un an et demi. La lituanienne commence par monter un projet humanitaire au Burkina Faso avec un collègue, elle y prend goût: «Nous sommes intervenus dans une école. Les filles n’y allaient plus, et personne ne pouvait expliquer pourquoi. Après beaucoup de temps et de recherche, nous avons réalisé que c’est parce que le manque de haute végétation les empêchait de faire leurs besoins en toute discrétion. Nous y avons remédié en construisant des toilettes à côté de l’école, cela n’a pas réglé tous les problèmes, mais les filles ont pu revenir à l’école». Vaiva s’associe alors avec son collègue, Marcel Sawuri, un Burkinabé présent au Luxembourg depuis près de 25 ans, pour démarrer «Mava Univers». Ce musicien professionnel fait équipe avec Vaiva autour de l’idée de vendre des instruments de musique d’apprentissage pour les enfants: «Ce sont des instruments spécialisés, fait à la main et respectueux de l’environnement, des facteurs très importants pour moi. Nous avons commencé à tester nos produits en étant présent sur les marchés de Noël en décembre dernier, à Esch et Differdange».

Gros point noir pour les deux néo-entrepreneurs: rassembler les fonds pour démarrer la société. Avec une Sarl à 12.500 euros, Vaiva Simonaviciute cherche à trouver une société qui voudra bien évaluer la valeur de son stock d’instruments pour former son capital de départ. «C’était difficile de faire valoriser nos instruments, cela a pris beaucoup de temps, plus que ce que nous avions imaginé, mais finalement nous avons trouvé en France, ce qui a permis de démarrer notre société et d’assurer le matériel».

Proximité, qualité, écologie

Entre-temps, elle s’inscrit au programme pour femmes entrepreneuses de la Chambre de Commerce Pologne-Luxembourg: «Mon objectif était d’être formée sur le volet administratif et fiscal car c‘est un monde complètement inconnu pour moi. Je l’ai vécu comme une formation tandis que d’autres étaient là pour y trouver l’inspiration».

Au départ avec les instruments de musique, les deux associés élargissent leur concept à du matériel de sport et artistique, toujours dans la même veine: privilégier les artisans de proximité, la qualité et l’écologie ainsi qu’un contact direct avec les fournisseurs. Mais la crise a quelque peu freiné les ambitions de la jeune entrepreneuse: «Tout est décalé, avec les distances physiques c’est très compliqué car ce sont des outils pédagogiques que doivent essayer les enfants. Notre idée est de travailler avec les crèches, les maisons-relais mais tout est actuellement en attente, il y des incertitudes sur les conditions de reprise à la rentrée. Je comptais rencontrer tous ces responsables, mais cela n’a pas été possible jusqu’à présent», raconte Vaiva Simonaviciute. Certains éducateurs ont néanmoins pu tester les produits et donner des retours plutôt positifs qui ont encouragé les deux associés: «Comme le Luxembourg est petit, il est facile de s’adapter aux besoins et de proposer pratiquement du sur-mesure».

Si Mava Univers s’adresse principalement aux professionnels de l’enfance, quelques produits pour particuliers sont aussi disponibles sur le site internet, et sur Lëtz Shop, qui a bien marché en début de confinement: «Nous avons pas mal vendu via la plateforme pendant les trois premières semaines, puis je crois que tout le monde a arrêté de consommer», s‘inquiète l’entrepreneuse. «Heureusement nous n’avons pas de charges, nous ne sommes pas encore salariés. Nous sommes actuellement un peu en mode survie, et c’est parfois difficile de garder la motivation, mais à deux nous nous remontons le moral mutuellement», raconte-t-elle.

Si Vaiva Simonaviciute continue pour le moment son activité de salariée à temps partiel, elle est convaincue que démarrer sa société était la meilleure chose à faire: «La formation a été un bon test, car ce n’est définitivement pas pour tout le monde. Mon but c’est d’apporter ma pierre à l’édifice. J’ai envie de faire avec ma vision et de décider par moi-même». Et c’est bien le cas car Mava Univers est fait maison: du site web au marketing, Vaiva Simonaviciute a dû s’adapter à son nouveau statut, même si la vente est nouveau pour elle. «Cela n’a rien à voir avec tout ce que j’ai pu faire jusque là. Je me suis beaucoup formée en ligne pour apprendre, car quand on démarre son entreprise, on doit vraiment faire tout, tout seul».

Mais la jeune femme n’est pas seule. Son association avec Marcel Sawuri est pour elle ce qui lui convenait le mieux:  «Je ne me voyais pas tout faire toute seule. Avec Marcel nous sommes complémentaires, nous sommes différents de par notre genre, notre âge, notre culture, notre réseau, mais ce qui est important c’est que nous allons dans le même sens car nous avons les mêmes valeurs».

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