SENNINGEN
CLAUDE KARGER

Die „Tripartite“ steht wie kein anderes Instrument als Symbol des „Luxemburger Modells“

Es gab große Protestkundgebungen, scharfe Attacken und sogar Ultimaten. Und am Ende einen großen Rumms. Kurz vor Weihnachten 2011 sagten die Gewerkschaften ihre Teilnahme an einer weiteren Tripartite ab, nachdem sich der Arbeitgeberverband geweigert hatte, eine Reihe von Forderungen wie die Desindexierung der Gehälter oder die Einfrierung des Mindestlohns wieder vom Tisch zu nehmen.

Dem damaligen Premier Jean-Claude Juncker, der sogar Tripartite-Veteranen wie die ehemaligen Minister Jacques Santer, Marcel Mart und Benny Berg, den früheren OGBL-Präsidenten John Castegnaro und den Ex-Arbed-Chef Joseph Kinsch bemüht hatte, um Wege zu finden, das Herzstück des sogenannten „Luxemburger Modells“ zu retten, blieb nichts anderes übrig, die Umstände zu bedauern - und gemeinsam mit seinem LSAP-Koalitionspartner Entscheidungen zu fällen, „um die Beschäftigung und die Wettbewerbsfähigkeit des Landes“ zu erhalten.

Stahlkrise und Bankendebakel

Die damals bereits arg zerstrittene schwarz-rote Koalition - man erinnert sich über den Schlagabtausch besonders zwischen LSAP-Arbeitsminister Nicolas Schmit und Finanzminister Luc Frieden über das von letzterem vorgelegte Sparprogramm - entschied dann alleine. Vor allem über die Modulierung des Indexmechanismus, der für die kommenden drei Jahre lediglich einmal jährlich greifen sollte... In „Bipartiten“ handelte die Regierung fortan mit Gewerkschaften und Patronat separate Abkommen aus. Eine neuer Anlauf für eine Tripartite im Jahr 2015 fruchtete nicht.

Hintergrund für das Tripartite-Debakel von 2011 bildete die Subprime-Krise um faule US-Hypothekarkredite, die in Billionenhöhe in den Büchern von Banken standen und 2006, als die US-Hauspreise fielen, riesige Ausfälle verursachten, die viele Finanzinstitutionen in den Abgrund rissen. Anfang 2008 schwappte die Krise auch nach Europa über. Die ungedeckten Kredite waren in Finanzprodukte rund um die Welt eingepreist. Banken gerieten auch in Europa ins Wanken. Regierungen mussten die systemischen Finanzinstitute mit Milliarden retten. Der luxemburgische Staat die Dexia (heute BIL) und die Fortis Luxembourg (heute BGL BNP Paribas) stützen und dafür Schulden aufnehmen.

Auf die Banken- folgte eine Wirtschafts- und Schuldenkrise, welche nicht zuletzt die Eurozone vor eine unvergleichliche Zerreißprobe stellte, deren Auswirkungen bis heute andauern. „Wir zahlen nicht für eure Krise“, war ein Schlagwort der Gewerkschaften, für die inakzeptabel ist, dass die Arbeitnehmer für die Fehler von Bankern aufkommen sollten.

Es war so eine ganz andere Krise als die, in der das „Comité de coordination tripartite“ 1977 geschaffen wurde. Damals wankte die Stahlindustrie, die ein Viertel des Bruttonationaleinkommens ausmachte und zehntausende Arbeitsplätze stellte. Die DP-LSAP- Regierung unter Gaston Thorn schuf das - an Heiligabend 1977 per Gesetz institutionalisierte - Kriseninstrument gemeinsam mit den Gewerkschaften und den Arbeitgebern um schnelle Lösungen zu finden, eine massive soziale Katastrophe abzuwenden - und neue Standbeine für die hiesige Wirtschaft aufzubauen. Die Coronakrise ist wieder anders.

«Au Grand-Duché, on se met d’abord à table et l’on descend dans la rue par après», pointe Franz Clément Photo: Editpress/Julien Garroy - Lëtzebuerger Journal
«Au Grand-Duché, on se met d’abord à table et l’on descend dans la rue par après», pointe Franz Clément Photo: Editpress/Julien Garroy

«Un des pays où le dialogue social fonctionne le mieux»

Le sociologue Franz Clément vient de publier un nouvel ouvrage sur le sujet - Il y porte aussi un regard sur la Tripartite

LUXEMBOURG Docteur en sociologie et chercheur en sciences sociales au «Luxembourg Institute of Socio Economic Research» depuis 1996, le Belge Franz Clément avait consacré sa thèse de doctorat aux relations professionnelles au Grand-Duché de Luxembourg. Voici qu’il vient de publier aux Editions Larcier un nouvel ouvrage intitulé «Le dialogue social au Luxembourg». «L’idée remonte à la fin de l’année dernière et l’ouvrage a été bouclé en janvier et voici que l’actualité a fortement bouleversé les choses, il faudrait déjà le réactualiser», indique Franz Clément sur fond de crise Covid-19 et de ses effets notamment sur le dialogue social.
Dans son ouvrage, il retrace l’histoire du fameux «modèle luxembourgeois» mis véritablement en place au cours de la crise sidérurgique dans les années 1970, alors qu’il y avait à l’époque déjà des antécédents d’institutions à composante tripartite. Notamment le Conseil Economique et Social, créé en 1966 et les chambres professionnelles dont la naissance remonte déjà à 1924. Le «Comité de coordination tripartite» mis en place par le gouvernement DP-LSAP fut institutionnalisé par une loi de 1977. «Depuis lors, il n’y a pratiquement pas eu de changements au niveau de la loi», explique Franz Clément, qui qualifie la tripartite comme «l’instrument le plus souple du modèle luxembourgeois». Un instrument qui permet au gouvernement, aux syndicats et au patronat «de se serrer les coudes» en cas de crise majeure. Pourtant, elle n’a guère fonctionné ces dernières années après les profondes divisions entre patronat et syndicats à propos des suites à donner à la crise financière et économique de 2008. Les tentatives de relance du gouvernement Juncker-Asselborn (CSV/LSAP) n’ont pas abouti et en 2012, le gouvernement, lui aussi fissuré, a pris des décisions vivement critiquées par les syndicats, comme la modulation de l’index. «On peut dire que la Tripartite est cliniquement morte», dit Franz Clément.
Mais il n’exclut pas pour autant qu’elle puisse renaître face à la grave crise économique qu’entraîne la pandémie. «Le Luxembourg est sans doute un des pays, avec les Etats scandinaves, où le dialogue social fonctionne le mieux», explique Franz Clément. «Au Grand-Duché, on se met d’abord à table et l’on descend dans la rue par après. En France, on descend d’abord dans la rue et on se met peut-être à la table par la suite». Cette approche aurait été gagnante pour le Luxembourg, qui aurait par ailleurs eu l’avantage de disposer de «ministres intelligents et clairvoyants, tous partis confondus» selon Clément, qui revient à la crise sidérurgique: «le Luxembourg est le seul pays concerné à avoir su vraiment tirer son épingle du jeu en développant de manière conséquente le secteur bancaire. Les autres pays comme la France et la Belgique ont tenté de soutenir le secteur par voie de rallonges, jusqu’à ce qu’il s’effondre».  clk

Plus d’informations sur l’ouvrage sur www.larcier.com