Un laboratoire vivant
Plomb, lithium, volant d’inertie
Les avantages du „flywheel“
Elles ont une certaine élégance et leurs dimensions permettraient de les installer un peu n’importe où dans une habitation: les deux batteries Tesla Power-wall fixées dans un local de Neobuild à Bettembourg. Dans ce laboratoire des innovations autour du bâtiment, les premières piles de ce type installées au Luxembourg y sont actuellement testées avec le soutien du fournisseur d‘énergie Enovos. Il s’agit d’explorer comment se comportent les réservoirs d‘électricité lithium-ion sur la durée et dans différentes situations, mais aussi et surtout comment ils fonctionnent au sein d’un système intelligent de
gestion d‘énergie. „La batterie n’est en fait qu’un maillon de la chaîne“, explique Mickaël Pascual, ingénieur chez Neobuild.
Optimiser l’utilisation dans le „smart grid“
Le défi le plus important, ce serait d’optimiser son utilisation dans un réseau „smart grid“ qui achemine l‘énergie là où on en a besoin à un moment déterminé et de minimiser les pertes. En clair, en revenant vers les piles: il faut que le système sache exactement où il peut trouver de l‘énergie stockée pour satisfaire la demande d‘électricité en temps réel à un autre endroit du réseau.
Il faut donc que les différentes mailles du réseau intelligent communiquent de manière optimale entre elles. D’où l’intérêt de l’installation dans les ménages de „smart meters“ pour mesurer la consommation de l‘électricité et du gaz, mais aussi la production d‘énergie provenant par exemple de panneaux solaires. Déployée depuis juillet 2016, l’opération „smart meters“ doit s’achever en 2020.
Elle est centrale pour les efforts de transition énergétique du Luxembourg vers une consommation d‘électricité provenant à un pourcentage de plus en plus élevé de sources renouvelables.
Direction „Nearly Zero Energy Buildings“
Parallèlement au „smart grid“, d’autres évolutions sont à considérer dans cet état d’esprit. L’accroissement du rendement des installations permettant de recueillir de l‘énergie solaire par exemple, mais encore la réduction de la consommation de l‘énergie. Depuis le 1er janvier 2017, les nouvelles maisons doivent ainsi être construites selon la norme des maisons passives disposant surtout d’une isolation thermique très performante faisant piquer du nez le besoin d‘énergie de chauffage nécessaire. Dans quelques années, la norme pourrait être celle des „Nearly Zero Energy Buildings“. Vivrons-nous donc bientôt dans des habitations qui produisent toute l‘énergie dont elles ont besoin et émettent zéro gaz à effet de serre? Au rythme des évolutions au cours des dernières décennies, cela n’a rien d’utopique.
Neobuild, créée par le groupe CDEC, fondé et alimenté par les fédérations des constructeurs, fait partie des accélérateurs dans cette direction. Elle teste les technologies prometteuses pour le bâtiment, accumulant ainsi un savoir-faire partagé avec les entreprises du secteur et sur base duquel sont développés des cours pour les corps de métiers intervenant dans le bâtiment. Savoir où et comment installer des batteries dans un immeuble fera sans doute partie dans les années prochaines du b.a.ba du constructeur.
Adaptations législatives
„Nous sommes dans un contexte favorable“, souligne Mickaël Pascual, „des piles performantes arrivent sur le marché, les smart meters sont en voie d’installation partout et le marché est sensibilisé à l’aspect durable“. Mais il faut encore que les réglementations s’adaptent. Pour l’instant, le cadre législatif pour le marché de l‘énergie ne permet pas l’autoconsommation de l‘énergie produite dans un bâtiment par voie de panneaux photovoltaïques par exemple: il faut l’introduire dans le réseau, quitte à ce que le producteur ait alors la ristourne de la valeur de l‘électricité qu’il y verse. Mais des travaux sont en cours au Ministère de l’Economie pour permettre le développement de l’autoconsommation et de l’autoproduction de l‘électricité renouvelable et de permettre un partage de l‘électricité entre les „prosumers“. Ce terme synthétisant le concept du consommateur devenant aussi producteur dans une économie de partage est central à la stratégie Rifkin pour la préparation du Grand-Duché à la Troisième Révolution Industrielle.


