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CATHERINE KURZAWA

Malgré un bénéfice net en retrait, l’opérateur a dépassé les attentes

L’opérateur de satellites SES a agréablement surpris les analystes vendredi matin, en publiant un résultat semestriel supérieur au consensus mais en ligne avec les attentes du groupe. A première vue pourtant, les variations publiées sont négatives, de l’ordre de 6,4% pour ce qui concerne le chiffre d’affaires (à 981,4 millions d’euros) et même de 17,3% pour le résultat net part du Groupe (227,7 millions d’euros).

Mais celui-ci souligne tout d’abord son chiffre d’affaires récurrent, qui a progressé de 1,5% à 961,4 millions d’euros. «Cette progression est portée par l’excellente performance de notre activité Networks», a commenté le nouveau président et CEO de SES, Steve Collar. Au premier semestre, l’activité réseaux représentait 1/3 des revenus du groupe. Ce segment a réalisé un chiffre d’affaires de 311,4 millions d’euros, en hausse de 10,6%.

«Ce sera le moteur de la croissance pour SES au cours des prochaines années», a assuré devant la presse le Britannique. Ce dernier estime que SES Networks devrait générer plus de 40% du chiffre d’affaires du groupe en 2020, grignotant la part de la vidéo qui est actuellement de 68%.

Des contrats, mais aussi des commandes dans le pipeline

«C’est une très bonne combinaison», a conclu Steve Collar au sujet des deux activités phares du groupe. Côté Networks, SES a conclu des accords avec une série de gros clients, comme l’Agence spatiale européenne (ESA) mais aussi le croisiériste MSC. Quant à la vidéo, ce segment a été porté par la Coupe du monde de football notamment, mais aussi une série de contrats avec RTL pour la retransmission en ultra HD du championnat de Formule 1, sans oublier Viacom pour les marchés allemand, autrichien et britannique.

«Plus de 90% du chiffre d’affaires consolidé attendu pour 2018 est sécurisé», a assuré le groupe dans un communiqué de presse. Son carnet de commandes s’est tassé de 300 millions d’euros à 7,1 milliards d’euros à taux de change constants.

Et si le premier semestre a été bien rempli au niveau de l’accroissement des capacités avec trois lancements, les prochains mois seront plus calmes. La prochaine mise sur orbite est prévue pour l’année prochaine puis deux autres en 2021.

«L’entreprise renoue avec la croissance après une période de lourds investissements dans de nouvelles capacités», a pointé le nouveau directeur financier de SES, Andrew Browne. «Nous sommes en train de voir cela se traduire à la fois dans les liquidités et dans la profitabilité», a ajouté l’Irlandais.

Et si les prévisions financières demeurent inchangées pour 2018, l’équipe financière revoit sa copie pour le résultat opérationnel (EBITDA) en 2020. Et de souligner que l’évolution du taux de change du dollars pèse lourd dans la balance, tant le billet vert est présent dans la moitié des revenus de SES.

«Evidemment, le travail n’est pas terminé pour 2018, nous nous concentrons sur l’exécution des affaires pour la seconde moitié de l’année», a insisté Steve Collar.

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