LUXEMBOURG/PARIS
CATHERINE KURZAWA

L’économie circulaire se développe au Luxembourg - Exemple avec ArcelorMittal

Profilés, poutrelles, palplanches, ou encore acier laminé: ces produits «made in Luxembourg» sont fabriqués à partir de 95% d’acier recyclé, selon les données d’ArcelorMittal. Le géant industriel se plaît à rappeler que l’acier est recyclable à l’infini et cela, sans perte de qualité ni de propriété contrairement à d’autres matériaux. «Il ne s’agit pas uniquement de recyclage mais cela va au-delà», insiste son directeur général en charge de la RSE, Alan Knight.

Au début du mois, il a présenté à Paris deux nouvelles initiatives en vue de renforcer cet accent durable. D’une part, ArcelorMittal propose de louer des palplanches aux clients pour répondre à une demande ponctuelle de leur part, comme lors d’un chantier par exemple. «Ces plaques sont réutilisées cinq à dix fois», explique Alan Knight qui ajoute: «Cela montre que le marché et l’économie circulaire peuvent travailler de concert».

Concrètement, le géant de l’acier se charge du stockage des palplanches et les met à disposition des clients pendant une durée déterminée. Pour ces derniers, cela limite les frais et pour la multinationale, c’est l’occasion d’ajouter une corde à son arc avec un service supplémentaire. Mais cette activité en est à ses débuts, «il est trop tôt pour parler de chiffres mais on ne peut pas ignorer que c’est un domaine d’avenir», appuie le directeur.

D’autre part, ArcelorMittal collabore sur un projet innovant avec le milliardaire britannique Richard Branson. Sa compagnie Virgin Atlantic veut faire voler un avion avec les gaz issus de l’industrie sidérurgique. «C’est une toute nouvelle forme de collaboration», s’enthousiasme Alan Knight.

Valorisation des déchets

Dans un autre registre, le groupe industriel estime que pour chaque tonne d’acier fabriqué, 800 kg de produits dérivés sont générés. Il s’agit de poussières, de boues, de gaz à effet de serre, de CO2 ou encore de déchets. Ces éléments sont en partie réutilisés pour produire du ciment, de la laine de verre, de l’engrais et même des composantes pour des pare-brises.

Techniquement, il serait possible d’aller plus loin mais une barrière demeure: au niveau légal, certains aspects du modèle législatif n’encouragent pas à la réutilisation. D’autre part, des progrès pourraient être réalisés au niveau de l’éco-conception des produits: que les objectifs en matière de recyclage soient axés sur le recyclage et non le «downcycling» à savoir la transformation en des produits de moindre qualité.

En tout cas, ArcelorMittal estime que l’acier est un contributeur majeur aux objectifs européens de recyclage, fixés à 65% d’ici à 2030 et largement dépassés dans le secteur. Grâce au développement de la filière électrique, ArcelorMittal a réduit sa consommation d’énergie de 55% par rapport à la production des hauts fourneaux depuis 1997. Il a aussi diminué ses émissions de poussières de 97% et sa consommation d’eau de 50% grâce à la gestion de l’eau en circuit fermé.

Autant de facteurs encourageants mais l’adage est connu: la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Et dans une activité par définition demandeuse de ressources, l’équation est d’autant plus délicate.