LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les obligations vertes et la Blockchain modernisent l’institution

Les affaires tournent à la Bourse de Luxembourg où l’an dernier, 10.0162 nouvelles valeurs ont été admises à la cotation pour un total de 1,2 trilliard d’euros. Un signal positif, quand on sait que l’institution tire près de 60% de ses revenus dans les recettes de cotation. Elles ont atteint l’an dernier plus de 26 millions d’euros sur les 45,3 millions d’euros de chiffre d’affaires total. Quant au bénéfice net, il s’élève à 12,3 millions d’euros soit une stabilisation après les 12,6 millions d’euros réalisés en 2015.

Place à l’innovation

L’année dernière a été riche en innovations pour la Bourse de Luxembourg qui a lancé, fin septembre, la première plateforme dédiée exclusivement à la cotation d’obligations vertes, LGX. «Nous cotons 50% des obligations vertes cotées dans le monde», s’est félicitée ce mercredi la membre du comité de direction Julie Becker, soit 110 obligations vertes. Toutefois, «la contribution financière aux revenus de la Bourse est minime», a reconnu au cours d’une rencontre avec la presse le CEO de l’institution, Robert Scharfe, sans citer de chiffres. Julie Becker a également annoncé que LGX comptait étendre son activité au-delà de la cotation de «green bonds» avec notamment des obligations sociales et durables, des fonds ESG, des obligations vertes chinoises et d’autres instruments de développement durable.

Toujours au rayon des innovations, notons l’arrivée de la FinTech au sein de la Bourse de Luxembourg qui a lancé sa première application de dépôt des documents avec les informations règlementées basée sur la technologie Blockchain. Un autre projet est en phase de développement: Funds DLT. Il s’agit d’un nouveau modèle de distribution des fonds basé sur la technologie Blockchain. La filiale de la Bourse de Luxembourg FundSquare y est impliqué aux côtés de KPMG et de la filiale de POST Group, InTech. La version définitive de l'outil sera présentée avant l’été, ont fait savoir les responsables.

Egalement à l’agenda de la Bourse: l’arrivée d’un nouveau site web dès le 3 mai qui sera adapté aux supports mobiles tels que les smartphones et les tablettes.

FundSquare, une filiale qui grimpe

La bonne santé financière de la Bourse de Luxembourg est aussi liée à celle de sa filiale FundSquare. En 2016, celle-ci a signé son premier résultat positif en trois ans d’existence, avec 980.000 euros de bénéfice et un chiffre d’affaires en hausse de 13% à 13,9 millions d’euros. Cette infrastructure de marché est spécialisée dans le reporting règlementaire, les informations sur les fonds et le routage d’ordres. En 2016, 800.000 messages ont été traités. «Nous sommes en train de regarder à une autre innovation sur la place: l’identification du client», a confié Robert Scharfe. Autant de chantiers qui se profilent à l’horizon d’une institution qui regarde droit vers l’avenir. Entre la finance verte, les FinTech et des marchés en évolution constante, elle creuse son nid avec un argument: «La transparence, c’est la première matière que nous vendons», insiste Robert Scharfe. Au total, 6,5 trilliards d’euros ont été émis à la Bourse de Luxembourg dont 50,6 milliards d’euros d’obligations vertes.

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