CARLING/METZJEAN-PIERRE COUR

«Total Petrochemicals France» investit et consolide le site de Carling dans l’Est mosellan

La branche chimie du groupe Total, Total Petrochemicals France, consacre aujourd’hui 180 millions d’euros à la restructuration de sa plate-forme pétrochimique de Carling. Par ailleurs, le groupe versera environ six millions d’euros pour dynamiser l’Est mosellan. Cet accord arrêté avec l’État et le conseil régional de Lorraine dans le cadre du Pacte lorraine doit permettre d’optimiser l’usage des terrains vacants, de soutenir l’implantation de nouvelles entreprises et d’aider, par le biais de prêts ou de plans de formation, les sous-traitants. En effet, ces derniers sont directement impactés puisque confrontés à la prochaine fermeture du dernier vapocraqueur de Carling en 2016. Pour autant, les syndicats demeurent dubitatifs. Ainsi, la CGT souligne que l’effectif de Total Petrochemicals Carling, qui se montait à 920 personnes en 2005, tombera à 350 salariés fin 2016, et que la précédente convention de revitalisation conclue par Total en 2010 pour un montant de huit millions d’euros n’a créé, au final, qu’une petite centaine d’emplois. Le déclin des effectifs se poursuit. Ainsi, 125 salariés quitteront l’entreprise d’ici à la fin de l’année dans le cadre de départs à la retraite anticipés. Quelque 450 salariés s’inscriront dans un programme de mobilité interne qui mobilisera 300.000 heures de formation.

Un financement renforcé

Dès 2013, en même temps qu’était notifié la fermeture du dernier vapocraqueur à l’horizon 2016, le «projet d’avenir» annoncé à cette époque par Total est aujourd’hui au milieu du gué et respecte les promesses faites par l’industriel. Voire, il renforce ce plan puisqu’il investit finalement 180 millions d’euros sur les 160 annoncés initialement. Cet investissement doit, selon Total, récupérer une compétitivité qui s’essoufflait ici et permettre de rester leader des polymères pour le Total en Europe. Par ailleurs, Total s’engage en la création d’un centre de recherche européen et d’un site de production de résines appelé «Cray Valley», afin d’accroître la production de polymères à forte valeur ajoutée et pérenniser les infrastructures ferroviaires de la plateforme, sécurisant, du coup, ses clients de proximité. Ce projet de «Cray Valley», dont Total n’a pas souhaité indiquer le coût, confirme toutefois le recentrage de Carling en direction de produits de plus en plus sophistiqués. En effet, historiquement, le site de Carling était consacré à la chimie de base. Aujourd’hui, la politique du groupe fait que le site diversifie ses résines dans des produits de niche telles que les colles liquides utilisées dans les écrans tactiles, les adhésifs transparents et repositionnables et les lubrifiants. Le polystyrène, dont Carling constitue déjà la plus grosse unité de Total en Europe, entre aussi dans la composition des barquettes alimentaires, des stylos ou de l’intérieur des réfrigérateurs. Ici, les processus de fabrication de polyéthylène seront affinés pour mieux aborder les marchés de films alimentaires et des blisters pour médicaments. Le marché automobile est aussi ciblé pour des matières utilisées en tant qu’éléments intérieurs et de carrosserie pour la filière automobile.