LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Une vague de protestations après l‘annonce de la fermeture de onze agences BCEE

L’annonce mercredi de la fermeture de onze agences de la BCEE d’ici à la fin du mois de mars a suscité hier une avalanche de réactions de tous les côtés. Au niveau local tout d’abord, où le départ d’une banque est un coup dur pour la vie locale. «Il ne s’agit pas d’un simple établissement de crédit du secteur privé mais bel et bien d’un établissement de droit public ayant une vocation autre que juste gagner de l’argent. Dans ce contexte, le fait que la commune n’a pas été consultée et même pas informée à l’avance, nous laisse sans voix», a dénoncé dans un courrier adressé au ministère des Finances Natalie Silva, bourgmestre de Larochette. La localité de 2.200 habitants a perdu l’an dernier son bureau de police et le départ de l’agence est vécu comme un nouveau coup dur.

La colère est aussi perceptible au niveau national où le député CSV Marc Spautz a adressé une question parlementaire urgente sur cette annonce, tout comme le député du parti Pirate Marc Goergen. Pour déi Lénk, «rien ne justifie une telle décision de la direction de la BCEE, surtout lorsque la banque est en pleine forme financière». A noter que le dernier bilan annuel de la banque détenue par l’Etat - pour l’exercice 2018 - fait état d’un résultat net en chute de 27,2% à 175,4 millions d’euros.

«Cette initiative est pour nous en rien une stratégie d’avenir, c’est une décision qui va à l’encontre de la population», pointe le parti déi Konservativ. Enfin, l’Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC) critique la digitalisation accrue de l’offre bancaire puisque la BCEE assure que les clients pourront toujours faire appel à un service d’agence téléphonique et en ligne. «Les clients plus âgés et les personnes handicapées en particulier dépendent souvent du soutien efficace des guichetiers et ne peuvent rien faire avec cette assistance numérique», dénonce l’organisation. Celle-ci constate enfin que ces fermetures marquent la désertification de certaines zones. Ainsi, deux agences vont persister le long de la Moselle à Remich et Grevenmacher et trois dans le nord du pays.