LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les revenus de BGL BNP Paribas ont fondu de 17% au premier semestre

Chez BGL BNP Paribas, les chantiers sont partout. À l’extérieur évidemment, où les grues s’activent au bout du plateau du Kirchberg en vue de l’extension des locaux du groupe. Mais à l’intérieur aussi, avec une mutation de la banque et de ses métiers qui se fait ressentir dans sa comptabilité.

Au premier semestre, le résultat net consolidé part du groupe a chuté de près de 17% sur un an, à 176 millions d’euros.

La faute aux activités de leasing international, qui à elles seules représentent 80% de la baisse. Depuis mars 2012, BGL BNP Paribas détient la majorité des parts de ce métier qui constitue un gros portefeuille, avec environ 16 milliards d’euros d’encours.

Dans l’attente de nouveaux revenus

À côté de certaines activités juteuses dans ce segment, il y en a «d’autres que nous sommes en train de dénouer», reconnaît le président du comité de direction. Carlo Thill veut voir le verre à moitié plein, même si le bénéfice de ce métier a fondu de moitié, passant de 54 millions d’euros au premier semestre 2013 à 25,6 millions d’euros un an plus tard. «Le leasing reste profitable», assure le responsable qui ajoute que «la partie de l’activité problématique représente peut-être 15% des 16 milliards d’euros (d’encours)». Mais le plus vaste chantier pour le groupe reste sans conteste lié à la levée du secret bancaire. Dans le métier Wealth Management, le modèle d’affaires a connu un changement radical qui n’est pas sans conséquence. «Les chiffres sont en retrait en WM», reconnaît Carlo Thill. Et si d’un côté les clients moins fortunés plient bagage, d’autres plus nantis commencent à débarquer.

«Pour les clients qui arrivent, les revenus vont arriver dans quelques mois», ajoute le dirigeant. En attendant, le groupe est déjà en ordre de marche pour le volet pratique de la nouvelle règlementation, avec près de 200 collaborateurs affectés au contrôle. «Rien qu’au département conformité, on compte 51 salariés», explique le responsable.

Du côté de la Banque de Détail et des Entreprises, les encours moyens de crédit ont marqué une progression de 1,2% et de 0,8% pour les volumes moyens de dépôts, loin des hausses de 2,7% et de 8,3% réalisées un an plus tôt.

«On sent très bien que les entreprises sont dans l’attente», reconnaît Carlo Thill. En outre, les taux bas et les contraintes réglementaires ont freiné les résultats des branches Corporate and Investment Banking. Mais pas de quoi ronger le moral de l’institution qui conserve un ratio de solvabilité confortable, à 22,1% et donc bien au-delà des 10,5% imposés par Bâle III. Ses fonds propres règlementaires affichent 5,2 milliards d’euros au compteur, ce qui en fait «la banque la mieux capitalisée au Luxembourg.» Toujours confiant, le président du comité de direction annonce que «la deuxième moitié de l’année devrait confirmer la première.»

Le groupe est bien conscient que les chiffres sont à la baisse mais celle-ci était largement prévue dans son plan présenté à la mi-2013. «Nous sommes mieux que prévu», assure Carlo Thill qui ne manque pas d’ajouter que par rapport à d’autres pays, «le climat économique à l’heure actuelle est bon à Luxembourg.»


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