LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Si lux-Airport totalise le plus gros volume, l’activité grouille dans les aéroports voisins

Avec 938.000 tonnes de marchandises traitées, lux-Airport a signé en 2017 un nouveau record pour cette activité avec une cinquième hausse consécutive, de l’ordre cette fois de 14%. Ça plane pour lui, dirait-on. Mais dans les aéroports voisins, l’heure est aussi à la croissance et ces derniers mois, les déclarations se multiplient.

Situé à 170 km de Luxembourg, l’aéroport de Liège a annoncé fin mai l’arrivée de Cainiao, la filiale logistique du géant de l’e-commerce chinois Alibaba. Non seulement la société va y renforcer la cadence de vols vers la Chine mais en plus, elle va établir son hub européen dans l’aéroport wallon. S’il est difficile de prédire l’impact de cette annonce sur le volume, le porte-parole de Liège Airport Christian Delcourt tempère: «Cela représente beaucoup de colis mais peu de poids».

En revanche, le renforcement des activités d’Air Bridge Cargo, suite à un accord de coopération annoncé en juillet dernier, va sensiblement gonfler l’activité à Liège. L’aéroport s’attend à transporter 300.000 tonnes de plus au terme de l’accord de coopération stratégique, ce qui lui permettrait - au vu des 717.000 tonnes en 2017 - de dépasser Luxembourg dans le classement des aéroports européens en matière de fret.

«On va encore croître très fort cette année, on va sans doute faire 100.000 tonnes de fret en plus», commente Christian Delcourt. «Un des grands atouts de notre aéroport est qu’il est ouvert la nuit et sept jours sur sept», ajoute le responsable. Pourtant, la croissance du trafic cargo pousse l’aéroport à revoir sa copie: «Les plages de jour commencent à se remplir».

A Cologne, l’express en avant

De l’autre côté de la frontière, plus à l’est, l’aéroport de Cologne-Bonn affiche lui aussi une santé de fer. Le volume de marchandises y a cru de près de 7% l’an dernier à 840.000 tonnes. Il faut dire que l’aéroport est le hub des transporteurs express UPS, DHL et FedEx. «La croissance dans ce secteur est vraiment très rapide», pointe le directeur de l’aéroport allemand, Johan Vanneste. Le Belge précédemment aux commandes de lux-Airport a annoncé en mars son départ pour Cologne, d’où il continue à scruter le marché.

«Liège a fait un très gros coup» avec ses annonces, admet le responsable qui de son côté, reconnaît que «nous commençons à être aux limites de nos capacités». Une demande a été faite pour accroître les cadences à Cologne, actuellement de l’ordre de 30 vols par heure au maximum à 35.

Luxembourg dort sur ses deux oreilles

«2017 fut une année exceptionnelle pour l’industrie cargo», observe le nouveau directeur de lux-Airport, René Steinhaus. Et d’ajouter que «nous n’avons aucune crainte quant aux autres aéroports». Selon le responsable, «à long terme, Luxembourg semble à mes yeux plus pérenne». Et de citer la présence de longue date de Cargolux mais aussi celle de Qatar Airways, n°2 sur le tarmac en fret qui a établi à lux-Airport sa seconde base la plus importante après Doha.

«A eux seuls, les vols de nuit ne sont pas la clé du succès pour un hub cargo, il y a d’autres éléments», assure René Steinhaus. Ce dernier insiste sur l’importance de maintenir une activité diurne et non pas nocturne dans son aéroport, tout en rappelant sa dimension régionale.

Un aspect qui demeure à l’horizon lorsque la question des vols longs courriers pour passagers est évoquée. «Je vois un potentiel dans le futur parce que les nouveaux avions comme l’Airbus A321 neo ou le Boeing 737 NG sont des avions de plus petite taille qui sont capables de voler sur les liaisons longue distance et cela est pour moi l’accord parfait pour Luxembourg». Reste à savoir quelle compagnie tentera le pas la première. Luxair lance cet hiver un vol touristique vers l’émirat de Ras el Khaïmah tandis qu’une liaison directe du Findel à Doha avait été annoncée l’an dernier. Depuis lors, Qatar Airways n’a donné aucune précision sur son plan de vol. Patience donc.