FENTANGE
CATHERINE KURZAWA

Depuis 38 ans, la Fromagerie de Luxembourg réalise des produits méditerranéens à base de lait luxembourgeois

Des fromages italiens «Made in Luxembourg»: cela peut faire sourire mais c’est pourtant le cœur du métier de la Fromagerie de Luxembourg qui produit une gamme axée autour de la mozzarella, de la ricotta et de la burrata. Chaque jour, 20.000 litres de lait issus de producteurs locaux sont transformés dans cette ferme de Fentange.

«On a nos propres vaches: elles fournissent 20% du lait pour la production et trois autres fermes des environs apportent le reste», explique Julie Feyder, venue prêter main forte à son père Carlo Feyder depuis un an environ.

A l’origine, Carlo Feyder était associé avec son frère dans cette exploitation agricole concentrée sur les vaches laitières. «Un Italien des environs, Monsieur Marinelli, venait chercher le lait frais pour faire sa propre ricotta, c’est de là qu’il nous a demandé: “Et si vous faisiez du fromage?”», explique la jeune femme.

En 1981, la production débute donc avec 300 litres de lait dans une petite pièce de ce joli corps de ferme situé dans la proche périphérie de la capitale. «A l’époque, il y avait quatre producteurs de mozzarella au Luxembourg, aujourd’hui, nous sommes le seul», retrace Julie Feyder.

La mozzarella est le produit le plus écoulé de la fromagerie, en particulier dans sa déclinaison râpée très demandée dans la restauration. D’ailleurs, les professionnels représentent 70% des volumes de vente de la PME, le reste étant écoulé dans la grande distribution.

Lëtzebuerger Journal

Rien ne se perd

La tendance aux produits locaux, Julie Feyder la ressent clairement et elle-même souligne: «On est fier de dire d’où vient le lait et d’être transparent, c’est très important pour nous». Dans l’atelier de production, la dizaine de salariés travaillent le lait qui arrive en ligne directe de l’exploitation et de ses partenaires.

La Fromagerie de Luxembourg applique aussi les principes de l’économie circulaire: rien ne se perd dans la chaîne de production. Le petit lait est récupéré pour la fabrication de la ricotta, les restes sont transformés en beurre de cuisine distribué aux professionnels et les restes du petit lait partent pour l’Allemagne où ils sont utilisés dans l’alimentation de porcs. «On n’ajoute rien, c’est du lait luxembourgeois à 100%», souligne la jeune femme.

Au milieu des fromages italiens existe une référence portugaise: la bola de neige. «Une dame venue du Portugal nous a apporté l’idée et sa recette familiale. Ce produit se vend bien», explique Julie Feyder.

Reste que l’équipe commence à se sentir à l’étroit dans la ferme de Fentange: «La demande est très grande mais on est un peu coincés parce que notre production est limitée», reconnaît la productrice. Celle-ci n’envisage donc pas d’agrandir la gamme dans l’immédiat. Même si elle montre un intérêt pour le lait bio. «Il faudrait avoir une ligne de prodution différente et réservée au bio mais pour l’instant, nous n’avons pas l’espace disponible».

En attendant que l’atelier puisse s’étendre, la fromagerie continue de tourner à son rythme actuel. En cette période estivale, la production de mozzarella croît de 15% tandis qu’en hiver, l’accent est davantage porté sur la ricotta qui se retrouve dans bon nombre de pâtisseries italiennes.

Et si la fromagerie tient à son identité luxembourgeoise, elle distribue ses produits dans quelques régions limitrophes comme du côté d’Arlon, Bruxelles et même Mannheim. «Cela nous fait espérer que si nous construisons quelque chose de plus grand, la demande sera toujours là», conclut Julie Feyder.