LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La Fédération Horesca tenait lundi son assemblée générale,

Normes sanitaires, hausse des charges, marges sous pression, Airbnb ou encore droit de fumer en terrasse: la Fédération Horesca a fait le tour lundi des sujets brûlants pour ce secteur qui emploie au Luxembourg quelque 20.000 personnes. «Nos coûts augmentent», a déploré dans son discours le secrétaire général de l’organisation, François Koepp, alors que «nos marges et notre productivité descendent de manière constante depuis 2007».

Selon les chiffres de la fédération, la marge d’un restaurateur sur un repas de midi serait de 5,47% et de 9,96% pour un cafetier sur une bière vendue 2,60 euros en moyenne. Pour un hôtelier, la part du gâteau serait un petit peu plus élevée, avec 10,1%.

Gambia II: une addition à 10 millions d’euros

Et la compression des marges n’est pas prête de ralentir selon François Koepp qui a chiffré quelques mesures phares du nouveau gouvernement: l’introduction d’un 26ème jour de congé payé et le passage du 9 mai en tant que jour férié représentent un coût supplémentaire de 5 millions d’euros pour le secteur. Quant à la hausse du salaire social minimum de 100 euros nets, elle coûterait aux patrons de l’Horesca 5 millions d’euros.

Ce n’est pas la seule épine sous le pied du secteur: l’économie du partage, avec en ligne de mire le site Airbnb, est de plus en plus indigeste. «Nous devons définir des règles», a appelé François Koepp en soulignant que les mesures décidées à Barcelone, Paris, New York ou encore Munich pourraient servir de base du côté luxembourgeois. «Rien que dans le Centre, Airbnb a réalisé 89.000 nuitées, cela représente plus de 5,3% de nos nuitées».

Quant aux cafetiers et restaurateurs, l’idée de la carafe d’eau gratuite leur reste en travers de la gorge. Selon François Koepp, dans les pays où la mesure a été adoptée, «la nourriture est devenue plus chère» dans les établissements. Et pour ce qui est de l’idée - lancée l’an dernier par une pétition - d’interdire la cigarette sur les terrasses, le secrétaire général propose plutôt aux exploitants de décider, à leur convenance, d’une zone fumeurs et non-fumeurs.

Bilan contrasté

Du côté des cafés, la fréquentation continue sa baisse tandis que les bistrots traditionnels ont tendance à fermer leurs portes, a déploré le secrétaire général. Quant aux restaurants, le bilan est mitigé avec des établissements spécialisés qui tirent leur épingle du jeu, que ça soit pour l’ambiance originale qu’ils proposent ou l’orientation de leur carte vers une cuisine multiculturelle ou orientée sur la santé. Le secteur est aussi de plus en plus occupé par des groupes qui peuvent mieux optimiser leurs coûts que des petites structures familiales. «Le restaurant étoilé avec 100 places assises n’est plus une rareté». Avec 1,66 million de nuitées comptabilisées en 2018, la baisse est de 1,7% soit un ralentissement par rapport à la contraction de 3,4% enregistrée un an plus tôt. La bonne nouvelle vient surtout du revenu par chambre, en hausse de 4,1% à 87 euros. Et pour aider les exploitants, la fédération a mis en place le site hotels.lu, histoire de permettre une réservation sans commission à la différence des grandes plateformes telles que booking.com. Des séances d’information et workshops sont d’ailleurs programmés pour aider les membres à se mettre à l’heure du numérique. Pour l’instant, les capacités ont tendance à diminuer mais de nouveaux acteurs sont en train d’arriver, à l’image du projet OBH au Kirchberg qui accueillera l’an prochain l’enseigne Mama Shelter.

François Koepp a aussi salué la nouvelle classification des hôtels entrée en vigueur l’an dernier, qui couvre désormais la moitié de la capacité du pays. Le passage de la coupure de service de 3 à 4 heures a aussi été salué par le secteur, de même que la facilitation des démarches administratives qui y sont liées. De quoi donner le sourire aux exploitants et à leur association qui, dans un contexte toujours très tendu, s’apprête à célébrer un jubilée. L’an prochain, la Fédération Horesca soufflera ses 50 bougies. Inutile de dire qu’en cuisine, on s’affaire déjà aux préparatifs.


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