LUXEMBOURG
MIKE FELTEN, DIRECTEUR FORTUNA BANQUE S.C.

L'analyse du samedi

Fortuna Banque en bref

100 ans cette année

Créée au Luxembourg il y a 100 ans, Fortuna Banque offre un service de proximité et un accompagnement sur mesure. La banque, à taille humaine, propose une gamme de produits et de services pour les besoins bancaires quotidiens, tout comme le financement de projets immobiliers, professionnels ou privés. Par ailleurs, Fortuna Banque fournit des services en matière de placement, de façon indépendante et transparente.
La vision durable de Fortuna Banque se traduit par une gamme de produits responsables, dont une gestion discrétionnaire durable qui a fêté ses 10 ans d’existence en 2019, et le soutien d’initiatives et de projets locaux, à vocation sociale ou environnementale. Le développement durable et l’ancrage luxembourgeois sont ainsi au cœur de la Banque.

Ce sont souvent des situations de crise ou d’urgence qui font prendre des décisions afin de mettre en place des processus novateurs jugés, de par le passé, impossibles à lancer. Ce constat peut également être appliqué au contexte créé par la pandémie du COVID-19. Imaginons un moment que le progrès technique au niveau des outils digitaux n’aurait pas été au niveau actuel ou n’aurait pas été utilisé. Durant le confinement, pas de vidéo-conférences, pas de commandes et transactions financières en ligne, pas d’école à la maison, pas de télétravail pour ne citer que quelques exemples. Soit, toute l’économie aurait été paralysée, soit le confinement n’aurait pas pu être complet, avec le risque d’une croissance considérable des infections. Ces possibilités digitales, desquelles de nombreuses entreprises ont profité durant le confinement, ont eu des effets secondaires intéressants. Des études montrent que la pollution mondiale au CO2 a enregistré une baisse de 17% au plus fort du confinement, début avril. Ce phénomène s’explique d’une part par l’arrêt de beaucoup d’industries et d’autre part par des déplacements réduits de personnes et de marchandises.
Au Luxembourg, une étude publiée par l’Administration de l’environnement montre une baisse claire des concentrations de dioxyde d’azote durant la deuxième moitié de mars et le maintien de faibles niveaux durant le mois d’avril (baisse de 32,3% pour mars-avril). Avec le confinement au Luxembourg, les routes étaient quasi désertes et les embouteillages du matin et du soir de mauvais souvenirs. Le télétravail était en grande partie responsable de ce phénomène. La digitalisation dans le secteur des services, entre autres, mais également dans l’enseignement a donc permis de faire tourner une partie de l’économie et, le plus important, de continuer l’éducation de nos enfants. Dans le secteur bancaire, les transactions financières via des plateformes ebanking ou mobile-banking ont explosé durant les mois de confinement.

Baisse des émissions de CO2

Des clients jusque-là réticents à l’utilisation de ces canaux, se sont mis à utiliser les applications bancaires. Outre une baisse des émissions de CO2 liée à la limitation des déplacements, le télétravail et la digitalisation se traduisent également par du temps gagné sur une journée de travail. En 2007 déjà, plusieurs chercheurs américains avaient démontré les effets positifs du télétravail: plus grande autonomie, gain de temps, liberté d’organisation, réduction de la fatigue, réduction des coûts liés au transport, meilleure concentration, gain de productivité, baisse de l’absentéisme. Pour les entreprises, le télétravail permet d’augmenter la production et la productivité entre 5% et 30%, de réaliser des économies d’échelle sur les locaux et les dépenses courantes, d’améliorer la qualité de vie de ses salariés au travail et par conséquence d’augmenter leur motivation et leur implication.
Si à première vue cette digitalisation, surtout du secteur des services, semble présenter de nombreux avantages d’un point de vue écologique, économique et humain, il faut toujours prendre en compte les deux côtés de la médaille. La détérioration de la qualité du sommeil, les problèmes pour se «déconnecter» du travail, la perte des contacts sociaux et des facteurs d’inégalité sont souvent cités. Ce sont surtout les cadres et les professions intermédiaires qui ont profité du télétravail. Les ouvriers des usines ou du bâtiment, les employés de la santé et de la restauration sont d’office exclus. S’ajoute le manque à gagner du secteur horesca et du secteur du transport face à ce nouveau mode de travail. Enfin on constate que des sociétés comme Yahoo et IBM, les précurseurs du télétravail, sont en train de faire marche arrière déplorant un manque de créativité généré par l’isolement mais également une atteinte à la cohérence de l’entreprise et à sa culture. La réponse à ce problème se situe certainement entre les deux. L’expérience «tout télétravail» ne semble pas concluante et un télétravail fractionné peut résoudre certains problèmes.