LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Zonta International a organisé jeudi soir un atelier sur la finance, dédié aux femmes

Les femmes ont encore en moyenne moins de revenus que les hommes, une situation qui ne s’améliore pas quand la pension arrive (voir encadré), car ces dernières ont souvent des barrières qui les empêchent de s’occuper de leurs finances. C’est pour remédier à ce problème que Zonta International a organisé jeudi soir un workshop, «Women and Their Finances: Let’s Talk About It», pour expliquer les rouages de l’investissement à un parterre de femmes entre 25 et 60 ans.

La notaire Maître Cosita Delvaux s’est associée à Elisabeth Weitzel, 36 ans d’expérience dans le domaine de la gestion de fortune, pour planter le décor et entamer un dialogue pour rassurer ces potentielles investisseuses: «Nous nous sommes complétées, Maître Cosita Delvaux le côté légal en particulier les droits conjugaux et moi le volet finances. Le droit conjugal a des effets sur les crédits, les hypothèques, et plus globalement sur l’investissement. Nous avons été très pratiques, mais le manque d’informations est flagrant. Beaucoup d’intervenantes nous ont dit “on ne savait pas”. Les femmes n’ont souvent pas le temps de s’occuper des finances, elles sont un peu laissées derrière alors que c’est très important», souligne Elisabeth Weitzel, gestionnaire de fortune indépendante pour sa propre société EW Wealth Office S.A, tied agent de Arch Wealth Management.

Comment investir son argent? C’est ce qui intéressait les femmes présentes au workshop. «Au Luxembourg, tout le monde a du cash et de l’immobilier, mais l’argent liquide n’est pas intéressant avec un taux d’inflation de 1.5% par an, votre pouvoir d’achat baisse tous les ans. De plus des taux d’intérêt négatifs peuvent bientôt être appliqués à partir de certaines sommes importantes. L’essentiel est d’investir ses liquidités dans des fonds afin de préserver son capital et d’avoir un rendement supérieur au taux d’inflation tout en maîtrisant les risques et ce grâce à une bonne diversification. Les femmes sont en général meilleures gestionnaires, mais elles aiment moins le risque», poursuit-elle.

«Si l’on ne s’occupe pas de ses finances, on risque de le regretter plus tard»

Difficile de déjouer le jargon et autre discours commercial quand il s’agit de confier ses économies. C’est un pas qu’il n’est pas toujours facile de franchir, mais pour Elisabeth Weitzel, il ne faut pas hésiter à faire appel au conseiller financier et poser beaucoup de questions: «Si l’on n’est pas satisfait, il ne faut pas hésiter à changer, il n’y a aucune obligation! Le but de ce workshop est en effet que ces femmes soient plus alertes et aient plus confiance pour oser poser toutes les questions. Si l’on ne s’occupe pas de ses finances, on risque de le regretter plus tard», prévient-elle.

Mais faut-il nécessairement avoir un compte en banque plus que rempli pour commencer à se préoccuper de ses économies? Pas du tout, estime la gestionnaire. Et le plus tôt est le mieux: «Ce n’est pas tellement une question de somme investie, mais plutôt de commencer le plus tôt possible, surtout quand il s’agit de pension. Il est possible de constituer son propre portefeuille avec des sommes à partir de 500 ou 1.000 euros, le tout est de diversifier et de souscrire des fonds patrimoniaux ou d’actions plutôt que d’acheter des actions en lignes directes. Ces dernières s’achètent une par une, alors qu’on peut investir dans un fonds avec n’importe quel montant à disposition». Petite cerise sur le gâteau, il est fiscalement très intéressant d’investir dans les fonds au Luxembourg: «Quand on achète un fond de capitalisation, à partir de six mois et un jour, il n’y a pas d’imposition en cas de vente avec plus-value. C’est fantastique! Et il n’y a pas de limite de montant, c’est quelque chose dont il faut avoir conscience». Rassurant donc de savoir que les sommes investies ne doivent pas forcément être conséquentes, comme c’est bien souvent le cas pour les investissements immobiliers au Luxembourg.

Dans ce cas là, Elisabeth Weitzel rappelle également que certaines banques n’ont pas toujours forcément l’intérêt de leurs clients à coeur: «Les gens qui ont acheté leur bien immobilier il y a plusieurs années ont parfois tout intérêt à renégocier leur prêt car les taux ont encore baissé ces dernières années. Mais ce n’est pas quelque chose dont les banques aiment parler car ce n’est pas dans leur intérêt. Parfois les pénalités ne sont pas si importantes qu’on pourrait vous laisser croire, il faut vraiment se renseigner, auprès de courtiers, certes ces derniers prennent une commission mais peuvent faire économiser bien plus. Les courtiers sont plus monnaie courante en France ou en Belgique, mais ça commence à venir au Luxembourg, et c’est une bonne chose».