LUXEMBOURGCATHERINE KURZAWA

La criminalité économique est en hausse, pointe PwC

Les entreprises du secteur financier sont-elles en danger? À en croire les résultats de la dernière étude de PwC en la matière, la question peut sérieusement se poser. Près d’une firme sur deux dit avoir été victime de criminalité économique. Première forme de fraude, le vol est cité dans 67% des cas, devant la cybercriminalité (39%), le blanchiment d’argent (24%), la fraude comptable (21%) et la corruption (20%). Mais ce n’est pas tout, des dommages collatéraux sont également diagnostiqués, comme l’atteinte à la réputation, qui toucherait près d’une entreprise sur trois.

La cybercriminalité revêt ici un aspect particulier, tant elle est la deuxième forme de méfait la plus répandue mais dans le même temps, les sociétés n’en n’ont pas vraiment conscience. «Notre expérience nous a permis de constater que les entreprises du secteur financier n’identifient pas et n’enregistrent pas toujours la composante de cybercriminalité liée à la criminalité économique dont elles ont été victimes», souligne l’associé et IT Security Leader chez PwC Luxembourg Vincent Villers. «Nous ne voyons aucun répit aux attaques dont les infrastructures bancaires sont victimes», ajoute-t-il. Notons également que les répondants du secteur sont davantage conscients de leur exposition au risque de cybercriminalité que dans d’autres secteurs (57% contre 45%) et ils ont bien raison: la part d’entreprises qui se déclarent victimes de pareils méfaits est deux fois plus élevée dans la finance qu’ailleurs.

Haut débit, haut délit

Quant aux fraudeurs, ils sont dans près de six cas sur dix externes à l’entreprise. Et en interne, ce sont généralement des employés et des cadres moyens qui opèrent des actes de malveillance, devant les cadres dirigeants. PwC distingue trois facteurs à la criminalité économique: les pressions personnelles et professionnelles, la possibilité de fraude et la justification personnelle du crime.

Ce dernier voit aussi sa prédominance varier d’un bout à l’autre du globe, puisqu’en Afrique par exemple, la croissance de la cybercriminalité va de pair avec le déploiement de l’internet à haut débit dans certaines contrées. «D’après certaines sources du secteur, les cybercriminels sont en train de quitter l’Europe, où la collaboration entre les différentes autorités juridiques se renforce, pour s’installer en Afrique du Sud», relève le cabinet de consultance. En Asie-Pacifique, près d’un répondant sur deux évoque une poussée de la criminalité économique tandis qu’en Amérique du Sud et en Amérique centrale, la tendance est à la baisse.

«Pour la place luxembourgeoise, le blanchiment de capitaux et les menaces qui y sont liées, comme les sanctions de l’OFAC, sont des questions centrales», souligne Roxanne Haas, associée et Anti-Money Laundering Leader chez PwC Luxembourg. D’après elle, la menace de blanchiment de capitaux aurait même bondi de 40% au Grand-Duché, sous l’impulsion du renforcement de la règlementation. Il n’empêche, il ne tient qu’aux firmes, et donc en particulier aux groupes financiers, de veiller à mettre de l’ordre en interne pour limiter les risques d’actes de malveillance. D’ailleurs, «les systèmes d’évaluation des risques de fraude, les systèmes d’alertes et de dénonciation et la sensibilisation aux menaces liées à la cybercriminalité restent les faiblesses de nombre d’entreprises», pointe l’associé et Forensic Services Leader chez PwC Luxembourg, Pierre-François Wéry.


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