LUXEMBOURG
DAVID FOKA, PRÉSIDENT DE LA MAISON DE L’AFRIQUE LUXEMBOURG

La Journée internationale Nelson Mandela fut proclamée par l‘UNESCO le 10 novembre 2009 et est célébrée le 18 juillet de chaque année afin de commémorer la contribution de Nelson Mandela, militant de la cause anti-apartheid et premier président noir d‘Afrique du Sud, à «la promotion d‘une culture de paix». Pour David Foka, président de la maison de l’Afrique et des associations africaines du Luxembourg, c’est aujourd’hui à la diaspora africaine de développer le continent et retrouver une souveraineté.
«La libération de Nelson Mandela a été formidable pour toute l’Afrique, cela a donné un sentiment de liberté. Cela m’a d’autant plus touché personnellement, car j’avais un ami, un “frère” venant du même village que moi, qui est parti se battre pour la cause en Afrique du Sud, il a disparu dans ce combat pour la liberté.
Par contre, Nelson Mandela en tant que président a déçu les Africains. Tout le monde a cru que c’était l’homme providentiel, qu’il allait mieux faire, qu’il allait améliorer la condition des noirs, et sur ce point nous avons été très déçus. La condition des noirs en Afrique du Sud n’a pas changé, surtout pour les plus faibles. Cela n’a rien donné. A la fin, Nelson Mandela a été le héros des occidentaux. Qu’est-ce qu’on pouvait espérer d’un homme qui a passé 27 ans en prison? Cela l’a sûrement beaucoup changé depuis ses débuts d’activiste, il a fait trop de compromis une fois au pouvoir.
Mais la masse populaire a besoin de porte-parole, aujourd’hui quelqu’un comme le Franco-Béninois Kemi Seba est considéré comme l’un des leaders de la jeunesse africaine (défenseur de la souveraineté africaine pour les uns, suprémaciste noir pour d’autres, ndlr). Il y a un vrai combat à mener pour la liberté et contre la pauvreté.
Les frontières et la démocratie qui ont été imposées par les occidentaux ne conviennent pas à l’Afrique, qui a une coutume de rois qui dirigent le peuple. C’est peut-être une utopie, mais le combat d’aujourd’hui est de prôner le panafricanisme, l’indépendance totale du continent africain, divisé en cinq grandes régions: sud, ouest, nord, sud et centre. Avec en pilier l’appui de la 6e région, celle de la diaspora africaine dans le monde.
Cette 6e région va travailler pour le développement de l’Afrique, au moyen de la CPA: la convergence professionnelle africaine, qui recense les cerveaux africains au service du continent. Il y a deux ans un Afro-Américain est venu au Bénin pour retrouver ses racines, il a construit le Centre Songhaï à Porto Novo, un centre agricole qui rencontre un franc succès. Nous avons besoin de cette diaspora qui veut revenir et aider à développer l’Afrique, pas des multinationales qui sont là comme des prédateurs. Le développement de l’Afrique doit passer par les Africains.»